Hadopi, 'relativement coûteux', pour le 'petit marché' de l'ebook

Clément Solym - 18.03.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - google - edition - hadopi


Un peu en marge de la conférence de presse donnée pour l'inauguration du Salon du livre de Paris, il nous a été donné quelques informations concernant divers sujets particulièrement touchy. Évidemment, ils sont tous en lien avec le livre numérique - ou numérisé...

D'abord, le procès Google. De ce côté-là, aucune avancée significative, plusieurs maisons ont décidé de porter plainte, mais rien n'avance réellement. La suite des événements a été reportée au printemps prochain.

Hadopi... on avance...

Concernant la loi Hadopi, Nicolas Sarkozy a décidé qu'elle méritait une autre petite soeur, Hadopi 3, qui luttera cette fois aussi contre le piratage par streaming... On le sait, le Syndicat national de l'édition avait fait savoir qu'il envisageait de rejoindre l'Hadopi, mais mi-janvier, au moment de cette explication, la demande d'autorisation auprès de la CNIL n'avait toujours pas été faite.


Antoine Gallimard, président du SNE, Christine de Mazières, secrétaire générale et VIncent Montagne, vice-président

Eh bien manifestement, l'audition des prestataires techniques ne semble pas achevée. « On avance », avançait justement Antoine Gallimard, tout en reconnaissant qu'il est « difficile de trouver un système qui soit approprié [NdR : pour lutter contre le piratage], qui ne soit pas trop violent et ne mette pas un gendarme en face de l'internaute. » Irions-nous soudain vers la fin de l'internet civilisé ?

Le président du SNE reconnaît également que recourir à Hadopi est « relativement coûteux », pour « un petit marché ». Il vaut mieux privilégier le côté pédagogique, éducatif et surtout des systèmes de tarifs qui soient attractifs, sans jouer trop le jeu des marchands, conclut-il.

À titre informatif, Hachette Livre nous a confié hier que la société Attributor, qui surveille ses ebooks sur les réseaux - et pratique aussi une certaine politique dissuasive - pour Hachette US, a eu un coût pour la première année entre 100 et 125.000 $. Et la firme semble plutôt satisfaite de son investissement.

Prisunic, on attend

Enfin, sur le texte Prisunic tel que renvoyé par le Sénat, qui n'aura que trop brièvement été évoqué, c'est la clause d'extraterritorialité qui aura été retenue. Ayant expliqué longuement combien cette loi n'est pas pour les éditeurs, mais à destination de tous, Antoine Gallimard soulignait que « l'État doit avoir des engagements à notre égard ». Mais « tant mieux », si le Sénat souhaite cette clause d'extraterritorialité. Sauf qu'il ne « faut pas que ce soit un champ de mines ».

Mais surtout, si Amazon se décidait à ne plus respecter cette clause d'extraterritorialité, « est-ce que FNAC continuerait de la respecter » ? La question est posée...