HarperCollins passe au watermark pour protéger ses titres numériques

Antoine Oury - 16.09.2014

Lecture numérique - Usages - HarperCollins DRM - watermark DigiMarc Guardian - protection des fichiers


HarperCollins, une des maisons d'édition membres des "Big Five" aux États-Unis, vient de confier la protection de ses fichiers numériques à un système de tatouage numérique « invisible ». Un système qui lie un fichier numérique acheté légalement à des informations personnelles du client, pour éviter que celui-ci ne soit tenté de le déposer sur les réseaux de partage illégal. Et, surtout, un meilleur confort d'utilisation.

 

 

Erik Bank (directeur du développement commercial) et Eraj Siddiqui (président de Digimarc),

à la Foire de Francfort 2013

 

 

La société Digimarc Guardian, en activité sous ce nom depuis décembre 2012, s'est spécialisée dans la pose de watermark et la protection des fichiers numériques. Elle vient de commercialiser sa solution spécialement pensée pour l'édition, le Digimarc Guardian Watermarking for Publishing. D'après la société, ce tatouage numérique est « unique, indécelable, et peut être suivi à la trace ».

 

Une API simple est fournie par la société aux détaillants et revendeurs, qui permet de poser sur les fichiers EPUB, PDF et MOBI ce système d'identification du client, invisible à l'œil nu. « Les identifiants numériques indécelables sont extrêmement difficiles à repérer et à ôter, pour les pirates », précise le communiqué, qui révèle donc qu'il est aussi possible de les contourner. Impossible n'est pas pirate, et l'histoire des contenus numériques a prouvé qu'une parade faisait rapidement son apparition après la mise au point d'un nouveau système de protection...

 

Comme nous l'avait précisé Eraj Siddiqui, président de Digimarc Guardian, à la foire de Francfort 2013, l'opérateur-protecteur ne conserve aucune donnée de transaction. Le watermark est un numéro de transaction unique, gardé par l'éditeur et le revendeur, et nous fournissons simplement celui que nous avons trouvé sur une copie pirate, pour qu'ils le confrontent à leur base de données », expliquait-il.

 

La solution de Digimarc semble l'une des plus respectueuses en matière de protection des données : certains watermarks font en effet apparaître le numéro de carte bancaire du client, histoire d'être sûr qu'il ne se risquera pas à le lancer sur les réseaux pirates. Néanmoins, la mise au point du watermarking, et sa généralisation, ont pu soulever quelques inquiétudes quant à l'échange de données confidentielles.

 

Toutefois, il est plus satisfaisant au niveau de l'ergonomie, puisqu'il ne prive pas l'utilisateur de fonctionnalités, et ne l'oblige pas à télécharger des logiciels tiers, comme Adobe Digital Reader. « Le principal avantage, c'est qu'un livre tatoué peut être utilisé comme un livre papier : il est possible de l'afficher sur différents appareils, de le prêter... », assurait Eraj Siddiqui.

 

L'éditeur HarperCollins a donc franchi le pas, et appliquera l'usage du watermark à l'ensemble de son catalogue. Le revendeur LibreDigital utilisera également cette technologie, et la proposera à ses éditeurs partenaires. 

 

Chez HarperCollins, on ne cache pas que le principal intérêt du watermark réside également dans le fait qu'il permet de trouver d'où vient le fichier numérique : il s'agit pour la maison « d'un autre moyen de contrôler la chaîne de distribution numérique, et d'assurer aux auteurs que nous faisons tout pour protéger leur travail », souligne ainsi Chantal Restivo-Alessi, directrice du numérique chez HarperCollins.

 

Le bon travail des revendeurs, et l'assurance « du plus haut niveau de sécurité possible » seront ainsi contrôlés par les éditeurs...