Harry Potter en ebook : la fin d'une ère (glaciaire) ?

Clément Solym - 04.06.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - rowling - ebook - potter


La semaine passée, la nouvelle tombait quasiment sans que personne ne la remarque en France. Elbakin et Numerama seuls avaient pris conscience de ce qu'impliquait cette nouvelle. Même Livre Hebdo n'a pas cru bon de soulever la question. Étrange... Quant à Gallimard jeunesse, nous attendons toujours un commentaire de leur part.

Or, même chez nos voisins anglo-saxons, l'affaire ne fait pas plus de bruit qu'une plume tombant violemment sur un oreiller bien rembourré.

Personne ne semble saisir que l'instant est d'importance. Au moins autant que l'arrivée de l'iPad pour la presse, ou que de l'invention de la chantilly pour les fraises...

D'un côté, il y a la maison Bloomsbury qui pique financièrement du nez, de l'autre, JK Rowling qui a toujours prêché contre une version homothétique - merci bien - de sa saga. Férue de pages qui volent au vent, Rowling n'a jamais autorisé que son protégé se voit numérisé. Et ses raisons n'ont rien de bassement technique ou matériel. Ses livres sont écrits pour une publication papier, et si l'on souhaite les lire, il faudra en passer par là.

Pourtant, Harry Potter, ce sont plus de 400 millions de livres vendus à travers le monde - et probablement même 420 ou 430 à l'heure où nous écrivons ces lignes. Un best-seller qui explose pas mal de records.

Retour sur les propos de Timothy Knowlton, directeur des éditions Curtis Brown : « Les éditeurs obtiennent un profit énorme, plus sur les ebooks que sur n'importe quoi d'autre. » Et dans le cas d'un Bloomsbury, les ventes de livres numériques Harry Potter représentent bien une manne financière démentielle. Et probablement de quoi relancer toute la série, avec des versions Vook, intégrant de la vidéo, des applications permettant de mettre de la musique et pourquoi pas des mini-jeux, etc. J'en passe, et j'en oublie.

Il ne faut rien précipiter. Rowling n'a pas signé. Elle a juste accepté d'en discuter. Mais Rowling, c'est un personnage : le dernier bastion mondialement connu de la lutte passive contre le numérique. Alors même que bien d'autres avant elle ont cédé sur la question du portage de leurs ourvages en version numérique...

Et si la digue cède, alors il est vraiment permis de croire, bien plus qu'un Dan Brown avec son Symbole perdu ne le fera jamais, que l'aventure du livre numérique commencera. Et déjà pour lui, l'enthousiasme n'avait pas manqué...