Hébergement de Wikileaks : Amazon, ce trouillard, ce menteur

Clément Solym - 03.12.2010

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L'animosité est montée d'un cran entre le site Wikileaks et Amazon. Alors qu'en France, un certain Besson nous invente tout un film orwellien visant à interdire l'hébergement par OVH du site diffusant les câbles de la diplomatie américaine, outre-Atlantique, Wikileaks règle ses comptes.

Avoir avoir humblement conseillé à Amazon d'arrêter la vente de livres, si la liberté d'expression leur fait peur, les personnes derrière le Twitter de Wikileaks en remettent une couche sur le cybermarchand qui fut leur hébergeur. La société basée à Seattle avait en effet diffusé un communiqué de presse expliquant les raisons pour lesquelles elle avait cessé l'hébergement du site.

Louant son infrastructure net sur la base du libre service, Drew Herdener, porte-parole de la société explique qu'évidemment, Amazon se réserve le droit de couper court à la relation commerciale si les conditions d'utilisation ne sont pas respectées. Selon lui, il est impossible que sur les 250.000 câbles que Wikileaks a lâchés en pleine nature, tout ait été soigneusement expurgé de manière à ne mettre personne en danger.


Or, problème : d'abord, Wikileaks s'est entendu avec plusieurs grands quotidiens nationaux pour diffuser des dépêches selon certaines conditions et après discussions et débats. Ensuite... pour Wikileaks, Amazon ment ouvertement sur les raisons de l'expulsion.

En affirmant avoir un règlement d'utilisation détaillé, que Wikileaks ne suivait pas scrupuleusement, le cybermarchand estime que cela rentre dans l'une des clauses de rupture. En effet, selon lui, Wikileaks ne disposerait pas des droits sur les contenus diffusés et publiés, attendu qu'ils sont classés secret défense. CQFD donc, et c'est pour cela que votre fille est muette.

Et surtout pas parce qu'Amazon aurait subi des pressions très fortes du gouvernement américain. Du tout.

Rien du tout, riposte Wikileaks : « C'est une chose d'être un trouillard. Une autre de mentir sur cela. », peut-on lire dans l'un des derniers tweets de la journée.