Maîtriser le prix de vente de ses livres, pour tempérer les revendeurs

Clément Solym - 24.07.2015

Lecture numérique - Législation - Houghton Mifflin Harcourt - Amazon ebooks - prix vente livre


Parvenir à un accord avec l’acteur le plus efficace du secteur de la vente n’est jamais une mince affaire. Houghton Mifflin Harcourt a cependant trouvé un terrain d’entente pour la commercialisation de ses ouvrages numériques. Aucune des conditions commerciales n’a été communiquée, mais il semble bien que l’on soit passé par un modèle de contrat d’agence.

 

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Jonas Tana, CC BY NC ND 2.0

 

 

Aux États-Unis, il n’existe pas de loi accordant aux éditeurs de fixer le prix public de vente de leurs livres, pas plus que de leurs livres numériques. Une approche contractuelle avait été mise en place par Apple ; Amazon lui a finalement reproché de donner trop de pouvoir au nouvel entrant et son turbulent iPad. Un procès plus tard, et cinq années après le lancement de la tablette, le contrat d’agence qu’Apple avait mis en place avec les éditeurs américains était dénoncé, et la firme était reconnue coupable d’entente sur le prix de vente. 

 

La Justice a tranché, et interdit de renouer avec l’accord que proposait Apple, alors même que ce dernier arrangeait bien la vie des éditeurs. Le contrat d’agence permettait de fixer un prix de vente pour les livres numériques, agissant alors comme la législation française. Sauf que l’on attaque plus facilement un contrat qu’une loi...

 

Le fait que Houghton Milfflin Harcourt décide donc de signer avec Amazon un contrat qui a toutes les couleurs du modèle d’agence s’inscrit dans les nombreux renouvellements contractuels déjà passés. On se souvient de celui de Hachette Book Group, le premier, qui avait provoqué un véritable raz-de-marée. Les autres acteurs – Simon & Schuster, Macmillan, Penguin Random House – avaient connu des soubresauts, mais finalement tout s’était bien conclu. 

 

Selon les observations de Publishers Lunch, l’éditeur MHM a donc bien opté pour un système lui permettant de fixer son prix de vente. En comparant les tarifs pratiqués chez iBooks, Amazon, Kindle et ailleurs, on retrouve une harmonie tarifaire qui n’aurait pas eu lieu sans ledit contrat. Mais en version allégée, puisque l’éditeur semble simplement avoir la possibilité d’actualiser les prix de vente.

 

Rappelons également que MHM et Amazon se connaissent depuis longtemps : en 2011, l’éditeur s’associait à Amazon Publishing, pour assurer la distribution des livres publiés chez Amazon, dans les librairies. Une solution intéressante pour que les livres du cybermarchand puissent trouver une vie et une place spécifique, mais la plupart des libraires américains, indépendants ou chaînes, avaient catégoriquement refusé d’en entendre parler.