Iain Pears donne un aperçu de son avenir de la littérature

Julie Torterolo - 25.11.2015

Lecture numérique - Applications - Arcadia - application - Iain Pears


En août dernier, Iain Pears expliquait « avoir atteint les limites de la narration avec le format livre papier ». L’auteur a donc consacré quatre ans et demi à sa dernière œuvre baptisée Arcadia, parue sous format numérique en août et en papier en septembre. Son ouvrage totalement inédit a de quoi chambouler les habitudes des lecteurs :  il a besoin d’une application pour être lu.

 

 

 

Arcadia présente 10 récits distincts avec plusieurs personnages. Selon les choix du lecteur, l’histoire évolue ainsi que les personnages. Sous son format numérique, l’application éponyme — née de la collaboration de Faber et Touchepress — ne fait alors pas figure de gadget. Elle sert vvéritablement d'aide pour le lecteur et le guide parmi les détails qui défilent. 

 

« Dès que j’ai voulu écrire quelque chose de plus complexe, j’ai commencé à penser à la manière de rendre la vie de mes lecteurs aussi facile que possible, tout en contournant les structures linéaires classiques. Une fois que vous faites cela, il est possible de construire une histoire “multibrin” (10 unités distinctes dans ce cas) où chaque récit est complet, mais est renforcé lorsqu’il est mêlé à tous les autres ; d’offrir aux lecteurs la possibilité de parcourir le livre comme il leur convient le mieux », explique Iain Pears  dans le Guardian. 

 

La version papier publiée en septembre n’est ainsi pas aussi complète que la version numérique souligne The Bustle. Iain Pears précise donc que l’application est indispensable pour comprendre la lecture, elle complète ainsi la lecture, offrant une autre approche, sans avoir joué la carte de l'enrichissement avec musique ou vidéo, précise l'auteur. Il s’agit bien d’un livre, en soi.

 

 

Mais ce nouveau format lui a octroyé un peu de liberté : plusieurs styles se côtoient dans une seule œuvre. L’auteur explique avoir pu se libérer des restrictions inhérentes aux écrivains. « Il est inévitable pour les auteurs, consciemment ou non, de se mouler dans une catégorie ou une autre, et s’ils ne le font pas, d’autres le feront pour eux », écrit Iain Pears. Une fois les restrictions bannies, il a alors pu mélanger « un récit d’espionnage, du fantastique, une nouvelle, de la romance, de la mythologique et un travail de science-fiction ».

 

Pour Iain Pears, il ne fait aucun doute que ce nouveau format de livre numérique est l’avenir de la littérature : « Une analogie est à faire avec les premiers jours du cinéma, lorsque les réalisateurs ont fait un peu plus que braquer leurs caméras dans un théâtre et ont filmé une pièce de théâtre. Il a fallu un certain temps avant qu’ils ne réalisent qu’en exploitant les nouvelles possibilités offertes par la technologie — coupe, montage, plans rapprochés, éclairage et ainsi de suite — ils pourraient créer une nouvelle forme d’art qui ne remplaçait pas le théâtre, mais produisait des choses que le théâtre ne pouvait pas donner. »