Île Maurice : artistes, politique, public contre le piratage

Clément Solym - 29.06.2012

Lecture numérique - Législation - île Maurice


Le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) avait fait part aux artistes-compositeurs de l'île Maurice de son soutien face au piratage, en se montrant favorable à un renforcement de la législation. Samedi dernier, une manifestation partie du siège de la Société des Auteurs mauriciens (MASA) a rassemblé la foule, et permis aux auteurs de collecter 12 000 signatures de soutien à leur pétition contre le piratage.

 

Thierry Henry, député PMSD, avait confirmé le soutien entier et total de son parti aux artistes lors d'une conférence : « Nous userons de notre position pour servir d'intermédiaire entre les artistes et Mookhesswur Choonee, ministre des Arts et de la Culture afin que les amendements que souhaitent les artistes puissent être apportés au Copyright Act, et garantissent ainsi leurs droits. »


 

Ile Maurice (179)

L'île Maurice (auteur : VlaD (DaV.))


 

Actuellement, le délit de piratage est puni d'une amende de 300.000 Rs (7800 €) et jusqu'à 2 ans d'emprisonnement, et, en cas de récidive, d'une amende de 500.000 Rs (13000 €), accompagné d'une peine de prison de 8 ans maximum. Lindsay Morvan, le porte-parole du PMSD, a partagé son expérience personnelle : « Étant moi-même auteur compositeur, je suis bien placé pour mesurer la somme de travail que représentent les étapes allant de la composition jusqu'à la production d'un album. »

 

Les artistes ont réussi à mobiliser massivement les Mauritaniens en rassemblant près de 12.000 signatures pour leur pétition contre le piratage. L'État a apporté son soutien financier à la manifestation : le ministère du Tourisme a versé 100.000 Rs, celui de la Culture 50.000 Rs (!) et la Société des Auteurs 20.000 Rs. Cette dernière traverse une crise sans précédent, après l'arrestation de son directeur par intérim Harold Lai pour... piratage ! Il a été remplacé en mars dernier par la chanteuse Meera Mohun.