Illustrateurs, dessinateurs : Facebook planche sur la protection des images

Clément Solym - 22.09.2020

Lecture numérique - Législation - images réseaux sociaux - droits diffusion créations - oeuvres contenus droits


« Il y a loin de la coupe aux lèvres », disait Renard dans le roman quasi éponyme. Et pour les illustrateurs, dessinateurs et photographes, tout aussi loin avant que leurs œuvres n’atterrissent plus impunément sur les réseaux. Pourtant, Facebook travaille à un outil permettant de signaler une contrefaçon notable sur des images.



Il faudra plonger dans les articulations et les entrailles de Facebook pour se servir du Rights Manager, l’outil en test. Depuis le Créator Studio, l’option est cependant apparue et permet aux créateurs de suivre et modérer l’usage fait de leurs œuvres sur les réseaux Facebook et Instagram. 

Pour l’heure, seuls quelques partenaires triés sur le volet servent de cobayes, avant une généralisation.

L’approche nécessite un peu de patience : d’abord, télécharger un fichier CSV de l’œuvre en question, avec les métadonnées idoines. Il permettra de définir le niveau de copyright et donc de partage autorisé. Le gestionnaire surveillera donc l’apparition de l’illustration, ou autre, en question, tout en permettant un retrait ou un blocage suivant les utilisateurs et les territoires.

Qui serait alors le plus handicapé s’interroge The Verge ? Facebook ou Instagram ? La réponse est nuancée, mais surtout, implique de définir si une image modifiée — un mème par exemple — pourra être considérée comme une nouvelle création ou une réutilisation frauduleuse.
 

L'Europe, à bras le corps


Le nœud gordien réside dans les possibilités de publication et de partage, respectueuses des conditions définies par les ayants droit. L’outil, à terme, incarnerait une véritable machine de guerre — mais les exemples de YouTube où fleurissent encore les contenus protégés laisse dubitatif.

Cependant, le projet devient d’autant plus urgent que désormais, la Commission européenne a décidé de s’en prendre véritablement aux GAFA. Ces derniers seraient menacés d’être exclus du marché européen, s’ils ne se plient pas aux consignes et régulations demandées par les autorités.

Ainsi, Thierry Breton, commissaire au marché intérieur, l’indique au Financial Times : de par leur taille, les GAFA doivent être contrôlés plus efficacement. Et l’avènement du Digital Service Act, nouvelle législation surveillant les géants du net — principalement sur la diffusion d’infox ou la consommation de big data – apporterait plus de sécurité.

La fin de l’autogestion semble sonner pour eux. Facebook aurait-il senti le vent tourner ?


Dossier - Lecteurs, communauté et réseaux sociaux : promouvoir le livre

crédit photo : RyanMcGuire CC 0


Commentaires
FB n'a de « pouvoir » que son réseau. Au mieux, peut-il contrôler ce qui se passe en son sein... L'œuvre pourra être diffusé en dehors sans son contrôle.

Encore une fois, on tente de contrôler les choses, alors que ce n'est tout simplement pas possible avec le numérique. Il vaut changer la perspective (diffuser (partiellement ?) pour attirer le lecteur et ce, gratuitement et sans DRM (qui de toute façon, seront détruit à un moment où à un autre).

On ne peut plaquer la culture d'un siècle sur un autre. La révolution numérique impose de changer sa façon de procéder. Ou bien de mourir, faute d'avoir pu s'adapter. Une sorte de Darwinisme social...
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