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Indisponibles : La Sofia alerte de l'existence du registre ReLIRE

Clément Solym - 03.05.2013

Lecture numérique - Législation - registre ReLIRE - numérisation - oeuvres indisponibles


La catastrophique Kampagne de KommuniKation orchestrée pour alerter les auteurs - et les éditeurs, peut-être ? - de l'existence du registre ReLIRE a été lancée. Bien coûteuse, particulièrement peu probante, elle avait pour mission d'informer et de faire la publicité dudit projet de numérisation des oeuvres indisponibles. Bien. Mais une autre campagne d'information est venue, inattendue, de l'un des acteurs mêmes de ReLIRE. 

 

 

Staline, adoré des enfants

Freedom Toast 

 

 

On lira dans le Nouvel Obs, cette intervention de François Gèze, patron des éditions de La Découverte, et membre d'une commission chargée de définir les critères d'indisponibilité des oeuvres en question. « Vu leur nombre, il est techniquement impossible de les contacter un par un », précise-t-il à nos confrères - comprendre‘‘leur'‘comme, "les auteurs". Chose amusante, parce que justement, ce 3 mai, plusieurs auteurs inscrits à la Sofia nous ont fait parvenir un document intéressant. 

 

« Ils ne pouvaient pas nous trouver pour nous demander au préalable, si les livres pouvaient être inscrits dans le registre, en vue de leur numérisation... Et maintenant, ils sont capables de nous solliciter pour nous informer que le compte à rebours a commencé ? Ce n'est pas sérieux ?! » C'est d'ailleurs avec ce type d'argument que l'on en est venu à justifier la mise en place d'un opt-out, qui impose à l'auteur - ou l'éditeur, ou l'ayant droit - de chercher les oeuvres dans la base et de demander leur retrait après justifications. Et patience. Et un peu d'obstination.

 

En outre, seule une partie des auteurs sera contactée par la Sofia : les inscrits, évidemment, mais les ayants droit ne peuvent pas être contactés. Les éditeurs aussi, toutefois. 

 

C'est là que le courrier, signé de François Coupry, président de la Sofia, intervient. 

Parmi les données du registre des livres indisponibles mis en ligne par la BnF, nous avons observé qu'un ou plusieurs de vos livres figure(nt) dans la base ReLIRE, le Registre des Livres Indisponibles en Réédition Electronique. 

Nous avons le plaisir de vous communiquer les informations concernant les modalités d'exploitation de vos oeuvres et votre droit d'opposition à leur insertion dans le dispositif ReLIRE. Nous vous invitons à consulter directement ce registre pour vous renseigner et décider de l'avenir de vos ouvrages.

 

La suite est un document que nous reproduisons en fin d'article, présentent les atouts de ReLIRE. Nous en retiendrons un élément en particulier : 

 

Pourquoi participer à ce projet ?

De façon générale, parce qu'il s'agit d'un projet patrimonial d'envergure permettant la numérisation et la diffusion de livres désormais indisponibles en format imprimé, et ce, dans l'intérêt aussi bien des auteurs, des éditeurs que du public. 

À titre particulier, pour être associés à la seconde vie de vos ouvrages qui ne sont plus diffusés et participer ainsi à de nouvelles perspectives d'exploitation numériques via une société de gestion collective où les auteurs et les éditeurs sont représentés à parité. 

Rappelons également que, pour la première salve des oeuvres qui doivent être numérisées, les personnes concernées doivent intervenir avant le 21 septembre prochain. 

  

Sur la question des chiffres pour l'heure avancée, le service de communication de ReLIRE nous confirme que 40.500 auteurs ont été référencés, ainsi que 2770 éditeurs. Depuis le 25 avril dernier, 1058 demandes d'oppositions ont été reçues, avec 978 qui proviennent de 275 auteurs, 29 issues d'ayants droit et 51 venues de 5 éditeurs.

 

En revanche, du côté de la Sofia, impossible pour l'heure de joindre un interlocuteur pour en apprendre plus sur l'envoi de ces emails. Nous attendons cependant...

 

Hervé Gaymard, sollicité par nos confrères du Nouvel Obs, tentait de faire valoir ce qu'il pouvait : « Le domaine public est en voie d'être numérisé. Les oeuvres récentes le sont d'office. Mais les livres du XXe siècle sont parfois introuvables, aussi bien sur internet qu'en librairie. Certains ont été pilonnés. Nous avons pris conscience qu'il fallait faire quelque chose. »

 

Toutefois, le député Jacques Legendre, reconnaît que la loi est passée « en urgence, pour bénéficier du grand emprunt ». Les pots cassés n'ont pas fini d'être payés...

 

  Fiche_Auteurs registre relire oeuvrs indisponibles numérisation Sofia.pdf by ActuaLitté