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Inkshares fusionne édition traditionnelle et crowdfunding

Julien Helmlinger - 28.02.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Inkshares - Edition - Crowdfunding


Il y a les inconditionnels de l'édition traditionnelle, ceux qui la trouvent archaïque et ne jurent plus que par les innovations numériques, quand les fondateurs d'Inkshare optent pour marier l'héritage du passé avec les promesses du futur. Pour concilier les attentes des lecteurs avec celles des auteurs, cherchant à réduire le prix des livres tout en maximisant les redevances aux auteurs, la maison d'édition compte s'appuyer sur le crowdfunding et défendre la valeur ajoutée du conseil d'éditeur comme de la connaissance des canaux de distribution.

 

 

 

 

Même si elle se trouve bien chamboulée par l'arrivée des nouveaux acteurs du web, la bonne vieille édition à l'ancienne aurait encore de beaux jours devant elle. Tandis qu'abondent désormais les solutions qui permettent à un auteur de passer outre son intermédiaire traditionnel dans la chaîne du livre, que certains succès autopubliés semblent indiquer une nouvelle voie, le fondateur Adam Gomolin estime que ces écrivains seront loin d'être une majorité à produire des best-sellers sans être épaulés par la profession.

 

Son associé Larry Levitsky, éditeur de longue date chez McGraw-Hill puis Microsoft, avance quant à lui que chacun n'aurait pas le caractère. Car il faut de la motivation pour s'attaquer tout seul aux divers fronts que l'autopublication implique pour le créateur. Il s'agit non seulement d'écrire son bouquin, de l'éditer proprement, gérér sa publication, sa distribution et jusqu'à un éventuel marketing. C'est pourquoi la plateforme Inkshares insiste pour que soit mise en avant la relation d'auteur à éditeur, dans son activité éditoriale.

 

Leur choix pour ce système, qu'ils qualifient eux-mêmes d'hybride, aura été motivé par quelques constats. Tout d'abord, les éditeurs admettent qu'il peut exister pour les auteurs la frustration de ne tomber que sur des éditeurs qui refusent son manuscrit. Cette difficulté à trouver son contrat d'édition est le plus grand problème avec le secteur de l'édition traditionnelle, selon Levitsky. Il faut donc ouvrir la porte le plus largement possible aux auteurs, ce que le crowdfunding favorise en limitant les prises de risque financières.

 

Prochainement chacun sa part du gateau ?

 

Si les plateformes d'édition participative se multiplient, la société a sa petite singularité. Comme son nom l'indique, si la boîte se lance c'est bien pour faire couler de l'encre, mais aussi pour partager des parts. En somme, la société entend fondre à l'avenir jusqu'à sa structure même dans le moule du crowdfunding, et répartir une part de ses gains entre les donateurs, annonce Gomolin.

 

Une fonctionnalité additionnelle qui n'est néanmoins pas encore d'actualité. Pour l'heure, comme chez les acteurs similaires on récompense les contributeurs par des contenus exclusifs et l'accès à des discussions créatives en coulisse.

 

(via Gigaom)