Intel va chercher son avenir dans les nouvelles d'auteurs SF

Clément Solym - 22.08.2011

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Tout le monde connaît cette légende littéraire : le gouvernement américain réunit les plus grands auteurs de science-fiction et leur demande d'élaborer tous les scénarii d'avenirs possibles, quelque part dans les années 60...

Eh bien, reprenons la même idée, et on recommence, mais cette fois avec Intel dans le rôle du gouvernement américain - bonnet blanc, blanc bonnet, en somme. En s'adressant à la crème de la crème des actuels auteurs de SF, Intel vient de leur demander d'écrire des nouvelles, qui s'appuient sur la technologie Intel, et d'imaginer comment transformer l'avenir, en extrapolant sur les produits.

« Ne va pas, ô mon âme, désirer une vie sans fin... »


Cette collection d'histoires est intitulée The Tomorrow Project, et sera disponible gratuitement en ligne, au téléchargement. Parmi les auteurs stars, on compte Douglas Rushkoff, Ray Hammond, Scarlett Thomas et Markus Heitz.


Selon le fondeur [NdR : producteur de puces informatiques], cette initiative permettra de jauger ce vers quoi les technologies du futur pourraient tendre, tout en ayant un effet boule de cristal sur les attentes des consommateurs. Et comme la science-fiction est un genre polymorphe au possible, elle offrira une multitude de solutions, plus ou moins plausibles.

« mais épuise le champ du possible. » (Novalis)

Brian David Johnson, qui dirige le projet, considère cette expérimentation comme une forme de « casting d'avenir », orientation Technologie, mais avec une dimension de sciences sociales évidente. En dégageant des tendances futuristes, la marque ne manque par ailleurs pas de s'assurer une belle visibilité dans les textes. Avec The Tomorrow Project, c'est une escapade dans le futur, qui sait, pour les 10, 15 voire peut-être même 100 prochaines années qui se dessine.

Et d'ajouter : « Lorsque nous concevons des puces, destinées à votre téléviseur, votre ordinateur ou votre téléphone, nous avons besoin d'une visibilité du projet sur cinq ou dix années. Il nous faut comprendre ce que les gens veulent faire avec ces appareils. Ce que la science-fiction, c'est un moyen de réfléchir sur les implications des technologies que nous créons, pour les personnes qui vont réellement s'en servir. »

Ray Hamond, qui prend part au projet, est tout nerveux : lui qui n'a jamais écrit de nouvelles est quelque peu désemparé, bien plus que pour tous ses autres romans, explique-t-il. « Le récit est souvent sous-estimé dans le marketing et le développement. Il peut envisager des réactions que vous n'obtenez pas si vous montrez un PowerPoint. Les meilleurs PDG - comme Steve Jobs - sont les conteurs les plus brillants », estime-t-il.