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Italie : l'agent Santachiara estime tout auteur lésé sur les ebooks

Clément Solym - 16.08.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - santachiara - agent - littéraire


Depuis le coup de semonce suivi d'un ultimatum de l'agence Wylie en ce qui concerne les ebooks, les agents littéraires sont suivis de près et chacun s'inquiète de leur position sur la question.

C'est aussi le cas en Italie où l'un des plus grands agents littéraires du pays, Roberto Santachiara a répondu aux questions du quotidien La Repubblica. Celui-ci a recommandé par courrier à ses auteurs de ne pas céder les droits de leurs oeuvres numériques. Un conseil qui a été approuvé par la plupart des auteurs en question.


Pour dresser le tableau, il faut savoir que Santachiara est l'agent d'écrivains italiens comme Wu Ming, Carlo Lucarelli ou encore Roberto Saviano et d'écrivains étrangers comme Stephen King, Thomas Pynchon, James Ellroy ou encore Ian Mc Ewan. C'est dire l'importance du monsieur.

La plus petite part pour l'écrivain

Dans l'interview, Santachiara revient sur le calcul des revenus d'un écrivain pour un ebook. En Italie, l'arrangement proposé est quasiment le même qu'en France. Les écrivains ne peuvent pas toucher d'à-valoir pour un ebook et ils ont droit à 25 % sur le net défiscalisé et non sur le prix au téléchargement.

Ainsi, Santachiara, indique que pour un ebook vendu 10 €, l'auteur « sans qui il n'y aurait pas d'ebook » va toucher 1,4 €, soit la plus faible part de tous les intervenants. Selon l'agent, ce n'est pas acceptable, l'écrivain devrait avoir « 50 % ». De plus, il affirme que les coûts de production sont moindres et qu'il n'y a pas de retour de livres. L'éditeur ne court donc aucun risque.

La position de l'agent italien et ses propos n'ont rien de surprenant et c'est à peu près le discours de tous ses confrères un peu partout dans le monde. En viendra-t-il lui aussi à monter sa maison d'édition sur Amazon, si le cybermarchand lui faisait une offre que l'on ne peut pas refuser ?

L'auteur un patrimoine de l'éditeur

Non, pour lui l'éditeur de la version imprimée reste prioritaire, « j'irais chez l'éditeur du texte en version papier, je lui montrerais l'offre, et lui demanderais de s'aligner ». Revenant sur son homologue américain, il affirme : « Je crois que le cas Wylie pose un sérieux problème. Wylie est un agent, et en tant que tel, il doit être l'intermédiaire entre l'auteur et l'éditeur. Avec cette décision, c'est comme s’il avait pris la place de l'éditeur lui-même, se plaçant en concurrent des autres éditeurs qui publient des ebooks. Ce n'est pas correct ».

Il critique aussi le choix des textes édités par Wylie, des textes qui existent déjà dans le catalogue des éditeurs et pour lesquels ils ont investi et pris des risques. Il enfonce le clou : « De mon point de vue les auteurs publiés chez un éditeur font partie du patrimoine de l'éditeur, et il est juste qu'ils le restent. Ce qui ne signifie pas accepter n'importe quelle offre, naturellement. Mais quand un éditeur offre un accord insatisfaisant pour l'auteur, à la limite on en cherche un autre, on ne substitue pas à lui ».

Quant aux auteurs qui décident de vendre eux-mêmes leurs ebooks sur Amazon comme Konrath, il ne semble pas non plus apprécier leur démarche, expliquant que c'est facile de vendre sur Amazon quand on est connu. Seulement là encore, il faut penser qu'un éditeur a pris des risques pour lancer l'auteur.

Le problème de la diffusion de la lecture

Enfin, l'agent affirme ne pas se méfier du numérique mais simplement pour lui, le combat le plus important actuellement ne se situe pas là : « Nous sommes un pays avec peu de lecteurs, et ces quelques lecteurs sont de gros lecteurs qui ont pour caractéristique d'être attachés à l'objet livre ». Le problème le plus important pour lui reste « la diffusion de la lecture ».

Un problème qui prend sa source à l'école, « Si on la détruit comme c'est le cas, il est difficile d'avoir de futures générations de lecteurs. Un pays civilisé est jugé à ses écoles et ses prisons. Tout le monde peu apprécier le degré de civilisation du nôtre ».

Une chose est sûre, Roberto Santachiara, est un homme de conviction, lucide et direct qui ne mâche pas ses mots.



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