Italie : les livres papier toujours dans le coeur des lecteurs

Clément Solym - 23.07.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Italie - lecture numérique - croissance


L'Italie est un beau pays. Où les lecteurs se retrouvent toujours plus dans les ouvrages de papier que dans les livres numériques, explique Marcello Vena, chef de produits numériques chez RCS MediaGroup. Si les ventes sont toujours très faibles, ces deux derniers mois ont connu un frémissement, qui serait significatif de quelque chose qui s'est déroulé au printemps. Sauf que, même pour leurs vacances, les Italiens sont toujours plus intéressés par les feuilles de cellulose…

 

 

Italian Phrase Book

 beautyredefined via Flickr

 

 

« En Italie, les chiffres de vente de livres numériques sont très faibles, bien qu'en hausse, mais le papier est encore nettement plus prisé par les lecteurs », confirme Marcello. « Nous vivons une croissance révélatrice. Les ventes d'ebooks ont triplé, mais si l'on considère que jusqu'à l'année dernière, les ventes étaient de 1 % du chiffre d'affaires global, cela reste encore bien peu. Et si un processus de conversion est en cours, c'est encore loin d'être important », explique-t-il à ADN Kronos.

 

D'ailleurs, les Italiens ne sont pas les seuls : même aux États-Unis, rappelle Marcello, les ventes ne dépassent pas 20 % du chiffre d'affaires - sans même sous-entendre que le format papier a donc de belles heures devant lui. Cependant, un sursaut constaté entre mi-juin, et aujourd'hui, montre que l'intérêt grandit. De 2500 téléchargements par jour, on vient de passer à 3000/3500 chez RCS. 

 

Des hausses qui s'expliquent principalement par les différentes opérations spéciales qui ont été mises en place pour promouvoir les livres. Ainsi, les Jeux olympiques et les publications numériques qui les accompagnent devraient apporter de nouveaux résultats plus importants à la fin de l'été. Mais surtout, avec l'adoption d'appareils de lecture, ou la démocratisation de la lecture sur smartphones, par exemple. 

 

En parallèle, l'éditeur promet qu'il cisèle sont catalogue avec de nouveaux titres, tente de chercher le modèle économique le plus pertinent, et surtout, on cherche les investissements le plus adaptés au marché actuel. 

 

Si le marché du livre ne va pas fort, il faut constater que le contraste avec les chiffres du livre numérique amuse. On ne peut pas encore s'emballer de ce que les ventes augmentent de tant de centaines de pour-cent, alors que ces hausses représentent des sommes encore marginales. Surtout que ces revenus supplémentaires ne compensent pas les pertes enregistrées dans le marché du livre papier tout court. 

 

Popur Fabio Di Petro, éditeur numérique chez Giangiacomo Feltrinelli Editore, le marché du papier est de toute manière sur le déclin. Durant les mois de printemps, la croissance numérique a été constante, mais les pertes du papier n'en sont pas moins importantes. Et selon lui, ce n'est pas demain que le livre numérique remplacera dans le court des uns et des autres les ouvrages de papier. Plus de parts de marché dans les années à venir, c'est certain, mais la cellulose a encore de beaux jours devant elle. 

 

Dernièrement, le groupe RCS Libri a lancé un nouveau modèle de livres numériques, commercialisant la collection Rizzoli First, soit la publication de titre en anglais et italien, au format ebook, avant de les imprimer. Alessandro Bompieri, PDG de RCS Libiri commentait« Les possibilités offertes par l'édition numérique nous permettent d'essayer différentes stratégies pour mieux servir nos auteurs au niveau national et au niveau international. L'édition numérique peut être un levier supplémentaire pour stimuler une distribution plus large - aussi bien sous format papier - des écrits de nos auteurs. »