Japon : Le Kobo touch peine à faire ses preuves, Amazon domine

Clément Solym - 31.07.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - kobo touch - kindle - rakuken


Il y a quelques semaines, Kobo lançait son ereader sur le territoire nippon et espérait, avec les yeux chargés de larmes, conquérir le monde (voir notre actualitté). Et au coeur l'envie officielle de dominer le marché et convertir la société japonaise à ses instruments qui supportaient pourtant assez mal les caractères japonais et leurs spécificités graphiques.



Sumo


Amazon double Kobo

 

Un vent de défi s'abattait sur le Japon, avec l'annonce du lancement d'ereader de plusieurs sociétés sur un territoire pourtant pas si fertile sur le sujet. Sony, déjà sur les lieux, peine à faire profit (500 000 ventes en 6 ans) ; Amazon s'est annoncé avec le Kindle, mais tarde à arriver ; Kobo (avec le soutien de Rakuken qui a racheté l'entreprise) vient de poser drapeau à terre avec le Kobo Touch. L'espoir donne des ailes.

 

Malheureusement, Kobo a du pain sur la planche. Japan.internet.com a rendu les résultats de son enquête sur le domaine numérique et c'est… le Kindle d'Amazon qui est le plus désiré. Sur 1078 consommateurs interrogés, 35 % disent avoir lu des ebooks et 28 % souhaiteraient en lire. Pour The Digital Reader, il s'agit là de chiffres décents puisque lors d'une enquête sur le même principe, seulement 29 % des Américains avaient déjà lu un ebook.

 

Le gros souci pour le marché numérique des readers provient de la simple question : « Voulez-vous lire (avez-vous lu) un roman, des journaux sur des readers ? », où seuls 9,6 % répondent oui. Le second problème majeur pour Kobo, c'est que 41 % des Japonais préfèrent lire sur un Kindle (plus connu), suivi du Sony pour 36,9 %. Mais… le hic c'est surtout que les chercheurs ont oublié d'inclure le Kobo Touch dans leur enquête. Son taux se situe donc quelque part dans les « autres readers », avec 4,6 %.

 

Des coups bas qui portent préjudice

 

Rakuken s'est rendu compte de ce manque d'intérêt pour le Kobo Touch mais préfère être mauvais joueur et faire profil bas : l'attendu Kobo Touch n'atteignait que 3 étoiles sur 5 sur le site de lancement. Ce qui a fait mouche, c'est la suppression, récemment, de tous les commentaires sur le site qui vendait l'ereader. Ceux-ci, essentiellement négatifs ou dubitatifs ont commencé a sérieusement faire perdre la tête à Rakuken.

 

« Généralement, dans leurs commentaires, les gens se plaignaient des plantages lors de l'installation de l'application bureau de Kobo, de la très faible offre de livres en japonais, des écrans tactiles qui ne réagissaient pas, du piètre service client », rapporte The Digital Reader.

 

Et selon la source de The Digital Reader, la supercherie découverte, des tweets japonais nuisent déjà à la réputation du groupe.

 

Une stratégie mal évaluée, semble-t-il, qui, sur le court terme défavorise fortement Rakuken. Considérée comme le premier site de e-commerce qui regroupe 80 % des Japonais qui ont accès à internet, la société japonaise misait tout sur ses origines et ses implantations déjà convaincantes pour vaincre le marché des ereaders. Désormais, il ne manque plus qu'Amazon donne rapidement naissance à un Kindle Store japonais pour qu'ils conquièrent le marché sans effort.

 

Rakuken s'est alors vu obligé de s'excuser dans un communiqué de Presse, et a surtout tenté de se justifier... :

 

« Les utilisateurs ont commencé à écrire des critiques et des commentaires sur un service qui n'était pas encore prêt pour la diffusion publique ». « Nous avons ensuite lancé le programme, mais compte tenu de l'ajout de commentaires sans rapport avec le service proprement dit et actuel, nous avons décidé de suspendre temporairement les commentaires et l'évaluation, qui nous ont semblé ne pas refléter fidèlement le lancement de service et ainsi désinformer les consommateurs ».

 

Rien n'est encore perdu, ni gagné.