Jeanneney s'élève contre un accord entre la BnF et Google

Clément Solym - 27.08.2009

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L'annonce des négociations en cours entre Google et la BnF (Bibliothèque nationale de France) n'aura pas laissé froid mais s'il y en a bien un dont on attendant la réaction, c'est Jean-Noël Jeanneney.

L'ex président de la BnF (2000à 2007) et auteur du livre Quand Google défie l'Europe, n'allait certainement rester de marbre. Le Figaro lui a ouvert sa tribune, pour qu'il puisse s'exprimer sur ce sujet.

Jean-Noël Jeanneney est revenu sur les initiatives européennes et françaises en matière de numérisation telle que Gallica et Europeana. Insistant sur le fait qu'elles ont permis de constater qu'il n'était nul besoin de se reposer sur un géant économique ou sur les Etats-Unis pour lancer des projets de numérisation d'ampleur.

Il a aussi rappelé l'attitude cavalière de Google, qui a numérisé à tour de bras sans se soucier du droit d'auteur et a pointé que le géant vivait de la publicité et qu'il était bien ancré dans la culture américaine. De ce fait, il estime que lui confier « la responsabilité du choix des livres, la maîtrise planétaire de leur forme numérisée et la quasi-exclusivité de leur indexation sur la Toile [...] voilà bien qui n'était pas supportable ».

Oui mais encore reste l'argument du coût trop élevé de la numérisation des fonds de la BnF. Pour Jean-Noël Jeanneney, cet argument est « vraiment dérisoire » face aux aspects politiques, culturels et moraux qu'il a développés.

S'il concède que la BnF n'a pas un budget suffisant pour numériser tout son fond, il insiste sur le fait que tout numériser serait une erreur. Qu'il est nécessaire d'opérer des choix pour guider les usagers « dans l'exploration de notre héritage culturel, contre cet ennemi essentiel : le vrac ».

Enfin, il estime que même si après ce choix le budget devait être deux fois supérieur à celui alloué (c'est à dire 10 millions), c'est un effort auquel « la nation » devrait consentir. Sur une note d'espoir il indique aussi que le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, « s'est heureusement hâté de faire savoir qu'il gardait les mains libres ».