Jeff Bezos, patron du Washington Post, a de grands projets sur Kindle

Nicolas Gary - 07.10.2014

Lecture numérique - Tablettes - Washington Post - Jef Bezos - Amazon Kindle


Cela n'a pas vraiment tardé, si l'on se souvient que Bezos a racheté, sur ses deniers personnels, le journal, Washington Post, l'an dernier. Près de quatorze mois plus tard, le WP est désormais pleinement intégré à la grande famille de Bezos, et, durant une réunion baptisée Rainbow Project, le grand patron a annoncé son plan de conquête du monde. Et pas qu'un peu...

 

 

The Washington Post /  iPad

Esther Vargas, CC BY SA 2.0

 

 

Les contenus du Washington Post, directement disponibles sur les appareils Kindle en mesure de les afficher – comprendre la tablette Kindle Fire et le smartphone, Fire Phone –, c'est la solution ultime. Une application Android préchargée permettra aux possesseurs de profiter immédiatement des informations diffusées par la publication. 

 

Autrement dit, et pas vraiment besoin de savoir lire entre les lignes : le Washington Post deviendra un nouveau contenu au service du Kindle, et l'application sera déclinée, comme il se doit, sur les appareils iOS. Karry Lauerman, ancien rédacteur en chef de Salon.com, et qui dirige, aujourd'hui WP expliquait, que cette opération visait à toucher le lectorat qui affectionne principalement une lecture en mobilité. 

 

C'est en tout cas la première étape, et soyons assurés que ce n'est pas la dernière, de connexion entre le journal et la société de e-commerce qui a débuté sur la toile voilà 20 ans. Le Everything Store n'a pas fini de se déployer, effectivement, et les appareils de la firme seront les missionnaires d'un nouvel évangile. 

 

Si les données chiffrées sur les ventes réelles d'appareils Kindle n'ont jamais été communiquées, nul doute que le WP profitera d'un vaste lectorat avec cette opération. Avec un demi-million de lecteurs quotidiens, le journal profitera immanquablement d'un parc considérable de machines – et de nouveaux lecteurs. (via Businessweek)

 

Pour ce rachat, Bezos avait injecté quelque 250 millions $ de ses fonds propres, reprenant à la famille Graham la société historique. « J'ai donné un prix et Jeff a accepté le montant. À mon grand étonnement, quand les avocats ont dit qu'ils l'appelleraient, lui, j'ai trouvé que c'était une grande idée, mais je ne pensais pas qu'il serait intéressé », expliquait Donald Graham, directeur de la publication. 

 

Or, l'un des grands développements que pouvait apporter Bezos, c'était justement le modèle Amazon. Pas celui des optimisations fiscales – encore que... – mais celui de la compréhension du net. « Sur le Web, les gens ne payent pas pour des informations, et il est trop tard pour changer cela », disait-on. Or, en mars dernier 2013, le WP mettait en place un paywall pour les lecteurs, avec 20 articles gratuitement accessibles chaque mois. Si Bezos garantit qu'il n'interviendra pas dans la ligne éditoriale, en tant que nouveau patron, la quête de la rentabilité le concernera directement.

 

Et justement, Bezos le précisait bien : « Nous avons eu trois grandes idées avec Amazon, que nous avons élaborée durant 18 ans, et ce sont les raisons de notre succès : placer le consommateur avant tout. Innover. Être patient. Si vous remplacez “client » par ‘lecteur, cette approche, ce point de vue, peut profiter également au Post. » L'idée était donc de rapprocher le WP du modèle de fonctionnement de sa société de e-commerce. Un rapprochement qui avait débuté d'ailleurs en août dernier, avec la présence de liens d'affiliation dans les articles et les chroniques de livres. 

 

De livres ? Tiens donc...