Jeff Bezos, rose aux dents, Kindle en main, pour séduire la France

Clément Solym - 13.10.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - bibliothèque de prêt d'ebooks - gamme Kindle


Encore une fois, et une fois n'est pas coutume, Jeff Bezos a fait sensation, dans un entretien accordé aux Echos. Le grand patron d'Amazon s'est longuement épanché sur l'avenir de sa filiale française, avec plusieurs annonces qui vont bousculer le paysage de l'industrie du livre. Déclarations chocs au rendez-vous !

 

 

 

 

Assurant que sa société ne vend « pas des tablettes pour gagner de l'argent », parce que le Kindle Fire est vendu à prix coûtant, Bezos attaque fort sa parade nuptiale auprès des consommateurs. « Ce qui est important, c'est le contenu et les services que nous pouvons offrir. C'est là-dessus que réside notre vraie valeur ajoutée », poursuit-il avec conviction. Il est vrai qu'Amazon mise toute sa réussite sur la relation client.

 

Prêt d'ebook, avec une offre encore floue

 

Et à ce titre, c'est l'arrivée du prêt de livres numériques, pour les clients du service Prime, qui porte le fer loin dans la chair. « La Bibliothèque de prêt Kindle, qui ouvrira d'ici la fin du mois. Les membres d'Amazon Premium qui possèdent un Kindle pourront choisir parmi plus de 200 000 livres, dont 4 000 livres en français, à emprunter gratuitement une fois par mois, sans date limite de retour et sans attente », assène en effet un communiqué, comme toujours signé du fondateur. 

 

On y retrouvera les sept tomes de Harry Potter, mais également plusieurs best-sellers contemporains ou plus anciens. On se souviendra que depuis novembre 2011, ce service a été mis en place aux États-Unis, et que face aux réticences des grands groupes d'édition, c'est vers les auteurs indépendants qu'Amazon s‘est tourné. Tout en proposant des conditions drastiques pour les auteurs, puisque le marchand réclamait une exclusivité sur la vente des ebooks, en l'échange de la disponibilité au prêt.  

 

 Amazon Premium coûte en France 49 € pour disposer de différents avantages (livraison en 1 jour ouvré, pas de minimum d'achat... et fin octobre, la bibliothèque de prêt d'ebooks). Le service sera donc disponible en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

 

Fin août, la bibliothèque d'Amazon revendiquait plus de 100 millions de téléchargements d'ebooks. Et quelques semaines à peine après le lancement de ce service, le marketing de Bezos avançait au triple galop : Ainsi, « les premières données suggèrent que vous pouvez amener les gens vers un livre qui ne les aurait pas intéressés sinon », expliquait-on. Une manière subtile d'annoncer aux éditeurs qui refusaient toujours le service que la bibliothèque de prêt faisait également vendre des ouvrages numériques. En masse. 

 

Diversifier la gamme Kindle

 

Cependant, pour enfoncer le clou d'un cercueil que l'on ne voyait - hélas ! - que trop bien venir, c'est l'ensemble de la nouvelle gamme Kindle que Bezos présente. Le Kindle Paper White, et sa version 3G, mais également la tablette Kindle Fire, qui sera commercialisée à compter du 25 octobre. Nous reviendrons plus en détail sur l'ensemble de ces produits, dans un autre article. « Les besoins entre une liseuse et une tablette sont différents. Mais ces produits sont complémentaires et les gens achètent d'ailleurs les deux », promet-il, à raison.

 

Sur la question du marché des tablettes, Bezos a frappé très fort. Un secteur important, estime-t-il, où chacun peut trouver sa place. Mais face à la concurrence, Amazon sait se démarquer. « Beaucoup se contentent de fabriquer des gadgets qui tournent sous Android, sans pour autant offrir de services innovants. Dans la plupart des cas, c'est un échec. En proposant un terminal de qualité à un prix abordable, et en donnant accès à tout l'écosystème Amazon, nous arrivons à séduire les consommateurs. La preuve : aux États-Unis, notre part de marché atteint désormais 22 % avec la Kindle Fire. Et en Europe, les précommandes sont déjà très importantes. »

 

Pour mémoire, la société Amazon pèse plus de 115 milliards $, soit une petite croissance sympathique depuis le lancement en 1995. Et désormais, tournant ses regards vers l'espace, Jeff Bezos a également décidé d'investir le domaine spatial, avec une société, Blue Origin, qui organiserait des vols spatiaux... En attendant, c'est également vers la vidéo que sa société se tourne, en proposant prochainement un service de vidéo à la demande pour la France.