Joyland, best-seller pour Stephen King et tous les autres

Antoine Oury - 23.06.2014

Lecture numérique - Usages - Joyland - Stephen King - Emily Schultz


L'environnement numérique, en laissant le consommateur à peu près libre de ses mouvements, occasionne ce genre de confusions : des lecteurs croyant acheter Joyland, de Stephen King, se sont procuré Joyland, d'Emily Schultz. Entre les deux livres, rien à voir si ce n'est le titre. Mais un motif suffisant de confusion, profitable...

 

 

 

 

Comme en témoignent les couvertures ci-dessus, le livre de Stephen King était un coup de coude à un genre qu'il affectionne, même si passé de mode, le pulp. Et le maître de l'horreur avait donc choisi de diffuser uniquement Joyland en version papier, avec un petit air suranné. Pas forcément au fait, nombre de lecteurs ont tenté d'acheter le livre en version numérique, et se sont retrouvés sur la page de Joyland, d'Emily Schultz, en livre numérique.

 

Probablement pressés de découvrir la prose de King, ils n'ont pas fait suffisamment attention, au profit de l'auteure qui s'est empressée, face au gros chèque qu'elle a reçu de la part d'Amazon, d'ouvrir un Tumblr humoristique, « Spending Stephen King's Money », sur lequel elle recense ses achats. Pas rancunier, Stephen King s'est fendu de félicitations : « Je suis ravi pour elle, et je vais commander son livre. » Quand on apparaît dans les plus grandes fortunes de l'édition, ce n'est pas vraiment un souci...

 

Le souci, c'est que certains lecteurs se sont arrêtés au titre du roman, n'ont pas pris la peine de vérifier le nom de l'auteur et se sont fendus de commentaires désobligeants en expliquant qu'ils ne retrouvaient pas le style de leur auteur favori. Et pour cause... De ce point de vue, la lecture numérique est effectivement moins attentive qu'une lecture sur papier...

 

En tout cas, si un dentiste souhaite rendre compte de son expérience professionnelle, inutile de lui dire quel titre choisir...

 

La même mésaventure était arrivée à l'auteur de polars Jack Higgins, confondu par les algorithmes d'Amazon avec Jack Higgins... l'auteur de romans pornos. Prendre des vessies pour des lanternes, c'est ça ?

 

(Merci au Club Stephen King pour sa veille)