L'ebook aux Labs Hadopi : "Le mot "partage" m'a toujours fait peur"

Clément Solym - 13.03.2012

Lecture numérique - Législation - Hadopi Labs - livre numérique - distribution


Tout le monde a un petit peu de mal à trouver l'entrée de la Maison de la Chimie, pour le deuxième Labs Hadopi : on croise les doigts pour ne pas à y voir un mauvais présage. Consacrée aux perspectives du livre numérique, la table ronde devrait permettre d'aborder les aspects techniques (ePub 3, gestion des DRM...) aussi bien que légaux (gestion des oeuvres indisponibles, par exemple) en petit comité.

 

Les affiches un peu partout nous promettent de l'Hadopi PUR : nous ne cacherons pas notre impatience de goûter rapidement à cette substance au nom exotique, qui promet l'extase avec un nom comme une note de musique. En attendant, on se concentre sur cette table ronde, parce que, comme le rappelle Marie-Françoise Marais, Présidente de l'Hadopi, il s'agit du « livre numérique qui, bien entendu, pose un grand problème ». 

 

Hadopi et l'édition, pas encore d'atomes crochus

 

Et pour cause : le Syndicat national de l'édition n'a pour l'heure toujours pas adhéré à l'Hadopi, préférant une solution reposant sur l'activité des éditeurs et la dénonciation de sites contrefaisants. « Nous avons mis le dossier “Hadopi” de côté, car la question du piratage de livres numériques en France ne se pose pas vraiment encore. Le marché du livre numérique online, c'est- à-dire hors ouvrages sur CD-Rom, ne représente encore pas grand-chose – environ 1 % – sur le marché français », soulignait Christine de Mazières, déléguée générale du SNE, en novembre 2011. 


L'idée est donc de privilégier une solution automatisée de notification, qui permettrait de demander le retrait de tout contenu jugé illégal. De son côté, le groupe Hachette Livre a décidé de se débrouiller par lui-même, en faisant appel à la société Attributor, pour surveiller le net et envoyer les notifications destinées à faire supprimer les livres numériques illégalement mis à disposition sur le net. Mais soit, la vérité est ailleurs...

 

L'impact du numérique sur les auteurs

 

Cécile Méadel et Nathalie Sonnac présentent en quelques mots les résultats de leur étude, consacrée à l'auteur « aussi bien dans son travail intellectuel que dans l'aspect business ». D'après leurs observations, les auteurs ne sont « pas obsédés par la propriété intellectuelle » et seraient même plutôt « sceptiques vis-à-vis des mesures politiques actuelles ». Nous avions par ailleurs eu l'occasion de présenter quelques-unes de leurs conclusions dans un précédent article.

 

 

 

Un démarrage sur les chapeaux de roues : pas d'auteur pour acquiescer, toutefois. L'Hadopi Labs s'était déjà passé d'un musicien lors de sa précédente réunion, tournée vers la musique.

  

Entre les participants (Orange, Fnac, SNE, CNL, ainsi qu'Ave Comics et InLibroVeritas pour apporter un peu d'expérimentation), un consensus règne, vite souligné par Vincent Monadé, le directeur du MOTif : « Le débat est posé, on sait tous que le numérique ne tuera pas le papier ». C'est déjà ça. « Le problème de l'offre légale, c'est son attractivité » poursuit-il, en insistant sur deux aspects primordiaux : le prix (certains éditeurs n'ont pas répercuté la baisse de la TVA du livre numérique sur leur prix) et l'offre. 

 

Ce n'est pas David Lacombled qui va le contredire : le directeur délégué à la stratégie des contenus d'Orange la joue révolutionnaire humble, en soulignant que le fournisseur de contenus n'est « ni producteur, ni auteur, ni éditeur, mais distributeur ». La raison pour laquelle Orange va faire pression pour installer « un modèle ouvert du livre numérique, qui n'a pas attendu le téléphone portable pour être nomade ». En s'inspirant de sa récente acquisition Deezer, Orange veut impulser le modèle ouvert, multisupport, et qui, surtout « garantira l'accès au livre ». La disparition des DRM ? Un consortium d'acteurs, parmi lesquels la Fnac et la SFL, a en tout cas été mis en place pour un modèle qui « va faire appel aux libraires ».

 

 

 

Christophe Alleaume, Expert Pilote du Lab Propriété intellectuelle et Internet, se confie : « Le mot "partage" m'a toujours fait peur ». Vraiment ? Du côté de Gallimard, on se félicite pour deux raisons : la baisse de la TVA anticipée par l'éditeur (« Les équipes de Capital sont venues, mais leurs images ne correspondaient sûrement pas à leur cahier des charges ! »), et une numérisation lente, mais dans les règles de l'art. Pour Alban Cerisier, Secrétaire général de Gallimard, Président de la commission numérique du SNE, la polémique soulevée par la loi sur les indisponibles est un « débat injuste ».

 

Voix de centaure et gouaille cantonesque, Mathieu Pasquini, le fondateur d'InLibroVeritas, met un peu la pagaille dans une réunion très familiale où l'on s'appelle régulièrement par son prénom. Il veut remettre l'auteur au centre du débat, et lui confier la gestion complète de ses droits. Hervé Bienvault, modérateur, force sa propre voix pour couvrir celle de l'avis alternatif. Quand Alban Cerisier, de Gallimard, veut continuer à parler, il a juste à poser la main sur le bras du modérateur pour allonger son temps de parole.

 

On dit ça...




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