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L'entente sur les ebooks monte consommateurs contre professionnels

Clément Solym - 27.06.2012

Lecture numérique - Législation - collusion - livre numérique - ministère de la Justice


La hausse constatée des prix de livres numériques aura donc conduit le ministère de la Justice américain à porter plainte pour collusion, contre Apple et cinq groupes d'édition du pays. Une décision qui fit l'effet d'une bombe, et que tous les professionnels dénoncent comme la mort future des librairies, et le retour d'un monopole assuré pour Amazon. Qui est évidemment du côté des consommateurs, bien entendu…

 

Deux déclarations viennent à ce titre de se croiser. La première émane, dans un long document, de la Consumer Federation of America, qui a déposé le 15 juin dernier une série d'observations portant suer la hausse des prix. Selon le CFA, l'accord proposé par le DoJ, et que trois éditeurs ont décidé d'accepter (Hachette, HarperCollins et Simon & Schuster), va « dans l'intérêt du public ». Les différentes remarques montrent « que les revendications des détaillants de brique et de mortier, et de célèbres auteurs sont incorrectes. Le cartel monté autour du contrat d'agence n'était pas sans danger pour les consommateurs ni bénin pour le marché du livre ». 

 

Ains, ajoute le CFA, toute concurrence saine doit reposer sur des modèles économiques conformes aux politiques tarifaires des revendeurs. « Il n'existe aucune indication montrant que le marché du livre se soit mieux porté dans son ensemble, avec l'arrivée du contrat d'agence, que si les pratiques incriminées n'avaient pas eu lieu », souligne le CFA. 

 

 

 

Dès lors, l'entente entre éditeurs et Apple est d'autant plus coupable, et les plaidoyers des libraires ne sont que des « diatribes contre le changement ». Et de conclure que les revendications égoïstes des détaillants ne doivent pas tromper qui que ce soit : d'abord « l'intérêt public réside dans le retour rapide à une concurrence complète sur les tarifs dans le marché du livre ». Mais surtout, que le préjudice infligé soit condamné, alors que le livre vit une période critique dans « le développement naissant de nouveaux modèles économiques », dont l'essor dépend d'une concurrence tarifaire. 

 

Et il incombe aux autorités de faire en sorte que soient réparés dans les meilleurs délais les dégâts provoqués par cette entente. 

 

C'est rageur, une association de défense des consommateurs américaine…

 

Ajoutant même que selon un observateur de l'industrie du disque, le procédé ressemble aux efforts désespérés de l'industrie pour sauvegarder son modèle ancien. (voir le document)

 

En face, c'est l'Authors Guild qui appuie sur le bouton...

 

Dans un immense déploiement de force, l'AG dénonce le retour d'une politique tarifaire prédatrice sur les livres numériques, dans le cas où le règlement du DoJ serait imposé. Ayant déposé ses conclusions auprès du DoJ ce lundi, la Guilde fait feu de tous bois. « La Guilde ne soutient pas le règlement sur l'ebook proposé par le DoJ. Nous pensons qu'il permettra à Amazon de reprendre ses pratiques prédatrices, ce qui décourage toute concurrence dans le marché de l'ebook. »

 

Paul Aiken, le directeur général fait valoir qu'en contraignant les éditeurs à abandonner le contrat d'agence, le DoJ entérine par une « sanction gouvernementale, une pratique longtemps considérée comme destructrice dans une société libre et un marché équitable ». À savoir, la politique tarifaire imposée du 9,99 $ par Amazon pour la vente de livres numériques.

 

Durant longtemps, la société a disposé de 75 % du marché du livre imprimé, et cette domination a offert un contrôle avec 90 % de parts de marché sur le livre numérique. 

 

Le document est immensément long, mais effectivement très renseigné sur les différentes opérations de rachats de sociétés diverses et variées, depuis plusieurs années, et qui ont participé à la domination du marchand. 

 

« De toutes les solutions possibles que propose le ministère de la Justice à cette collusion, demander aux trois grands éditeurs d'autoriser Amazon à vendre des livres numériques à perte, est parmi les plus destructrices que l'on puisse imaginer », martèle l'AG. Surtout que la firme de Seattle s'est engagée dans des pratiques anticoncurrentielles depuis des lustres. 

 

« La Guilde demande, pour des raisons de libre et saine concurrence, pour le bien des lecteurs qui voudraient que plusieurs sociétés s'engagent pour de meilleurs appareils de lecture, des logiciels et même des librairies, dans lesquelles on peut se rendre le week-end, s'il vous plaît, trouvez une autre manière d'aborder l'entente que vous pensez avoir découverte. » (voir sur le site de l'AG)

 

Dont acte.




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