L'agent littéraire Wylie lance un ultimatum aux éditeurs

Clément Solym - 31.07.2010

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L'initiative de l'agent Andrew Wylie avait secoué le monde de l'édition. On se souviendra que mécontent du pourcentage proposé par les éditeurs aux auteurs pour les droits numériques de leurs oeuvres, il avait tout simplement décidé de passer outre et de traiter directement avec Amazon.

Un accord d'exclusivité de deux ans avait été signé sur les versions numériques de 20 titres d'auteurs très populaires, qui avait conduit à la création d'Odyssey Editions.

De nombreuses réactions se sont fait entendre très vite. Random House avait affirmé qu'elle ne traiterait plus avec l'agence Wylie qui se plaçait en concurrence directe, l'Authors Guild trouvait qu'une agence devenant éditeur était une chose étrange, les libraires ont clamé leur mécontentement, et même en France, Antoine Gallimard s'est inquiété du pouvoir que ça allait conférer à Amazon.


L'affaire est déjà d'une grande ampleur mais Wylie ne compte pas en rester là, et se sert clairement d'Odyssey pour faire pression sur les éditeurs.

Les hostilités sont lancées

Il a déclaré au Financial Times qu'il souhaitait trouver un accord avec les maisons d'édition pour les droits imprimés et numériques, mais pour cela il aurait fallu que les éditeurs acceptent d'augmenter le pourcentage versé aux auteurs sur les ventes des versions numériques. Or, il indique qu'après neuf mois de discussion avec les plus grandes maisons d'édition, il n'a pas réussi à trouver un compromis satisfaisant.

Il a donc décidé de mettre les éditeurs en garde : « Si nous ne trouvons pas un accord. Odyssey va grandir. Elle ne publiera pas seulement 20 livres mais elle va en publier 2 000 et avoir des investisseurs extérieurs et devenir disponible pour les autres agents ».

Se faisant plus mesuré, il a expliqué sa démarche ainsi : « J'essaie juste de faire le point pour souligner l'importance d'avoir des conditions appropriées en vue d'unir les deux flux [imprimé et numérique] de revenus ». Il n'empêche qu'il n'y va pas avec le dos de la cuillère et déclare ouvertement le début des hostilités.

Random House ne cède pas d'un pouce

De son côté, Random House ne compte pas perdre ce bras de fer et Stuart Applebaum, le porte-parole de la maison d'édition, a affirmé : « Notre position reste inchangée. Random House ne fera pas d'affaires avec un agent littéraire qui se pose lui-même comme un concurrent direct de nous avec nos titres ».

L'affaire Odyssey Editions risque de faire couler encore beaucoup d'encre. Et la guerre qui se profile entre l'agent littéraire et les éditeurs pourrait faire pas mal de dommages collatéraux dans tous les camps.