L'ebook, alternative financièrement attractive aux angoisses du papier

Clément Solym - 24.08.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - livres - publier - futur


Petit à petit, les espérances des amoureux du livre papier s'effondrent. Non, l'ebook ne mourra pas, en tout cas ça semble mal parti. Chaque jour, une nouvelle raison de se crever les yeux sur un écran vient toquer à la porte de la rédaction. Toc toc. Qui es là? Dorchester et Seth Godin. Qui?

 

Dorchester est une petite maison d'édition. Qui va mal. Rien d'extraordinaire, vu que mêmes les grandes souffrent. Jusqu'à ce qu'elle annonce que fini la paperasse, en avant toute le numérique. Révolution d'avenir pour un futur meilleur ? Disons plutôt fuite d'un passé malheureux.

L'ebook est venu à Dorchester comme un sauveur. Solution à tous leurs problèmes. Car la maison se porterait mal. Dettes, auteurs non payés - en attente de paiement - et un plan de restructuration de 10,3 millions de dollars qui vient confirmer tout cela. Selon une source proche, leur passage au numérique serait « un aveu d'échec ». Du coup, le produit mi-mi, le produit miracle, l'ebook. « seulement pour les six prochains mois », précise toutefois Leah Hultenschmidt (je suis heureux de ne pas faire de la radio), directrice éditoriale de la maison.

 


Seth Godin, lui, est blasé. La tête du marketing du New York Times, et aussi son auteur qui se vend le mieux, en a marre du livre. Papier s'entend. Après douze publications, la prochaine sera uniquement numérique.

Dans une interview accordée à Mediabistro, il déclare: « J'ai décidé de ne plus publier de livres de manière traditionnelle ». Pourquoi ? « Je ne peux plus supporter la longue attente, le coup de boost du lancement, le combats pour amener les gens dans un magasin ou ils n'ont pas l'habitude d'aller, pour acheter quelque chose qu'ils n'ont pas l'habitude d'acheter. Les amener à acheter une idée dans une forme difficile à répandre... ».

C'est assez clair. Encore un qui se rend coupable d'ebookisation, mais avec un alibi béton. « Je peux atteindre 10 à 50 fois plus de gens sur ebook ». Pourtant, même lui, prêcheur convaincu, ne déclasse pas le vieux bouquin: «  Non, ce n'est pas mieux, c'est différent ».

Une solution. Ou le futur, tout simplement.


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