L'édition internationale fait tomber deux sites de piratage d'ebooks...

Clément Solym - 20.02.2012

Lecture numérique - Législation - piratage - fermeture de sites - justice


C ‘est un petit MegaUpload pour le livre numérique que l'édition vient de connaître, alors que la semaine passée, deux sites de partage de fichiers ont été contraints de fermer. Library.nu et ifile.it, comptant, selon l'Association internationale des éditeurs, comme les plus grands malfrats du livre numérique, ont été coupés...

 

« Nous ne tolérerons pas les parasites, qui font des profits injustifiés en privant les auteurs et les éditeurs des dus qui leur reviennent. C'est un pas important vers un commerce juste, honnête et transparent des contenus numériques sur Internet », avait pour l'occasion expliqué Jens Bammel, secrétaire général de l'IPA. (voir notre actualitté

 

Ces sites de partage de fichier ont ainsi reçu de plein fouet la plainte émanant de 17 maisons, motivée et déposée devant la cour de justice irlandaise, territoire où les serveurs étaient basés. De quoi mettre un terme aux sept mois d'enquête, qui avaient été perturbés par des changements d'adresse et de propriétaire : les autorités en charge du dossier avaient été quelque peu menées par le bout du nez... 

 

 

 

Un phénomène semblable à ce qui s'est passé avec MegaUpload, et qui pourrait poser les mêmes questions : quid de l'offre légale et attractive, maintenant que ces sites contrevenants sont fermés ? L'association des organisations professionnelles d'Italie, des Pays-Bas, des éditeurs scientifiques et techniques internationaux aura permis cette frappe importante, certes, mais qu'en est-il de son efficacité réelle ?

 

Combattants sans faute, le combat cessera-t-il ?

 

Tom Allen, président et directeur de l'Association of American Publishers fait couler une douche bien froide sur les réjouissances : « Pour chaque site malveillant qui est fermé, il y en a des centaines qui demanderont des efforts plus durs. » De là, selon lui, « la nécessité d'outils supplémentaires pour accélérer de pareilles actions ». Et qu'a-t-il en tête, ce brave homme, sinon le projet ACTA ? L'Accord Commercial Anti-Contrefaçon émanant de l'Europe serait donc la réponse à tous les maux de l'édition, exemple des derniers sites mis à mort à l'appui. 

 

Et ce, bien que récemment, la Bulgarie et les Pays-Bas (sic !) aient décidé de faire marche arrière sur le projet de loi luttant contre le piratage. 

 

Pour l'édification personnelle du lecteur, on rappellera que library.nu était accusé d'avoir emmagasiné plus de 8 millions € annuellement, de par son commerce illicite d'oeuvres numérisées. Et c'est via RapidShare et un compte premium que les abonnés pouvaient télécharger plus efficacement encore leurs ebooks. 

 

La coalition aura donc fait la force, pourrait-on imaginer simplement. Sauf qu'une fois encore, qu'en est-il des oeuvres gratuitement mises à disposition par les auteurs, qui souhaitaient s'assurer un peu de promotion, pour rediriger des lecteurs vers leurs autres oeuvres ? Personne ne s'est manifestement posé la question, preuve que celle-ci ne doit pas exister. 

 

Ursula Feindor-Schmidt, juge allemande réalise le constat suivant, sur le piratage de livres numériques : « Au cours des deux dernières années, il a considérablement augmenté. En tant que groupe, nous voulons montrer aux autres sites que, s'ils commettent une violation du droit d'auteur, les titulaires de droit ne pourront pas l'accepter. »

 

Et un jour peut-être, on se penchera sur l'offre attractive. Demain. Eventuellement.