L'édition numérique en Italie : un marché émergent

Clément Solym - 13.09.2012

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On connaît l'évolution massive de nos amis outre-Atlantique sur la question de l'édition numérique. Mais qu'en est-il de nos chers voisins, les italiens ? On est loin des tablettes de pierre et de marbre qu'utilisaient les romains, mais la tablette numérique ne semble pas avoir encore complètement conquis la botte.

 

 

« Aucun doute, l'édition numérique en Italie est un marché émergent, plein de promesses », note Futurebook. Car, lors de l'édition 2012 de la Foire internationale du livre de Turin, l'Association italienne des éditeurs (AIE) a fourni un panel de données qui montre que l'ebook représente en Italie seulement 4,4% de tous les titres publiés. Soit un total de 13 millions d'euros en 2011. Un chiffre que Futurebook estime « encourageant », bien que le chiffre d'affaire de vente de l'édition numérique ne soit qu'1% du total du chiffre d'affaires du commerce.

 

Pourtant, les italiens semblent vouloir percer une brèche. Le thème principal de la dernière édition de la Foire internationale du livre de Turin était quand même le « Printemps numérique ». Une révolution qui a du mal à se mettre en route ?

 

Des "nouveaux-nés" numériques en Italie

 

C'était surtout pour marquer le coup et souligner la tendance actuelle qui régit le contenu et les modèles économiques du marché italien. Intéressés, les éditeurs tentent de comprendre le potentiel de ces nouveaux outils de lecture (ce qui passe par les readers et les tablettes) mais aussi le fonctionnement d'une édition « virtuelle ». Cela a pu impliquer des discussions entre lecteurs et éditeurs, ainsi qu'une réflexion sur les remaniements qu'exige un processus numérique. De penser alors au flux de production, à la composition, à la distribution, le tout impliquant de nouvelles compétences professionnelles.

 

Deux éditeurs numériques « nouveaux-nés » prouvent que le marché italien tient à s'accrocher et à aller de l'avant : Quintadicopertina et 40k. Les petits éditeurs ont également perçu un intérêt dans ce processus simplifié d'internationalisation, d'un marché plus vaste qui attire un plus grand potentiel de lecteurs. En revanche, il ne faut pas oublier que pour une maison physique, passer au numérique nécessite malgré tout quelques dispositifs et des personnes adaptées.

 

Innovation et expérimentation de l'édition numérique

 

Quoiqu'il en soit, des sociétés se bougent pour penser le numérique. Les éditions STM ont saisi l'importance de la personnalisation du contenu. Ils proposent même des originalités, permettant au client d'acheter des parties spécifiques d'ouvrages, de couper ou de fusionner des contenus. De nouveaux services pour auteurs et lecteurs sont également mis en ligne, tels que Bookliners pour des expériences de lecture sociale, 20lin.es pour l'écriture sociale, et Zazie qui œuvre dans le domaine de lecture lié aux réseaux sociaux.

 

De même, certains ont tenté de réinventer le rôle et l'interaction entre libraire et numérique. Ainsi SEEd, éditeurs médicaux, ont décidé d'ajouter un QRcode à tous leurs communiqués de presse, de sorte que le lecteur puisse avoir plus d'informations sur le livre. Le QRcode donne accès à un aperçu ou à une entrevue avec les auteurs. Il invite ensuite à visiter le libraire afin d'obtenir un livre « physique » s'il le souhaite. Le QRcode se diffuse un peu partout où les lecteurs peuvent se trouver, et le livre peut être acheté en ligne comme ebook ou en librairie en livre de poche.

 

Pas d' « explosion » numérique pour l'Italie, mais des projets qui essaient d'interagir avec édition traditionnelle et édition virtuelle. Une expérimentation qui tend à vouloir faire ses preuves. Et puis, il y en a qui l'ont déjà fait.