L'effet Kobo sur les libraires indépendants US

- 08.04.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - indépendants - libraires - partenariat


Début avril, Kobo annonçait la vente en ligne directe de ses différents appareils pour les utilisateurs d'Amérique du nord. Un moyen de trouver un peu plus sa place dans un écosystème local largement dominé par Amazon. Mais également un recentrage financier autour de la marque après ses nombreux partenariats avec des diffuseurs de contenus culturels locaux comme Fnac en France.

 


KristinNador (CC By-SA)

 

 

Cela fait six mois également que la société rachetée par Rakuten a contracté un partenariat avec l'association des libraires américains (ABA). Un réseau de plus dans la guerre marketing d'une lecture numérique qui se veut indépendante sur fond de format ouvert. Dans les faits, le concepteur a profité de la distribution de ses tablettes et lecteurs sur le marché des petits réseaux et des indépendants.

 

A l'heure actuelle Kobo compte 460 boutiques partenaires. Derrière le développement d'un autre usage de la lecture numérique, le phénomène ne semble pas encore profiter aux revendeurs. Du moins sur l'aspect financier. Suivant les surfaces, et plus encore leur emplacement, les retours sont variables. Mais de fait, la mise en vente de produit Kobo ne rapporte pas vraiment aux libraires.

 

Forbes estime la part qui revient au commerçant à 5 % du produit de la vente de lecteurs et tablettes, et 8 à 20 % sur les ebooks du catalogue de Rakuten. Si les partisans du format ouvert s'y retrouvent, les magasins qui en ont écoulé le plus ne comptabilisent que quelques centaines de copies vendues- guère plus que 200 – chiffres donnés à la libraires d'Harvard. Plus médiocre encore, les chiffres des ventes de livres numériques qui doublent à peine ceux des appareils, malgré des prix bien inférieurs.

 

Toutefois, les libraires semblent trouver leur compte dans une alternative numérique à Amazon qui fera venir les acheteurs dans leurs surfaces pour d'autres achats physiques, numériques avec cette fois le conseil du libraire. Un enjeu d'autant plus urgent que la fin d'année scellera la domination de la publication numérique sur le papier. Dans la même idée, la venue des clients pour l'achat de tablettes/readers en plus de prescrire du numérique semble la seule planche de salut pour les indépendants du numérique : participer à la révolution numérique et ne plus systématiquement se laisser désigner comme adversaire de cette mutation.

 

De fait, ce partenariat resserre la lutte entre le petit poucet et le groupe de Jeff Bezos. Mais le challenger a déjà mis à terre Google dans ce combat. Naturellement, l'absence d'appareils dévolus à la lecture numérique empêche une concurrence directe. Néanmoins, le partenariat avec l'ABA a permis aux libraires indépendants d'écouler plus d'ebooks en un mois, malgré des chiffres restreints, plus de formats numériques que Google en l'espace de deux ans. Mais après cette logique bonne nouvelle, la décision par Kobo de vendre sa batterie d'appareils sans passer nécessairement par ses partenaires historiques risque d'assombrir cette relation. Indépendant jusqu'au bout, Kobo ?