L'hébergeur de fichiers Openload.co perd son domaine, mais reste en ligne

Cécile Mazin - 26.07.2016

Lecture numérique - Acteurs numériques - site hébergement fichiers - Hachette Livre Digimarc - ebooks contrefaçon piratage


Outil choyé des internautes pour le téléchargement de tous types de fichiers, le site Openload compte parmi les plus importants du web. Son service d’hébergement de fichiers vient de subir une vilaine avanie : le domaine a été suspendu. Selon le registrar, Namecheap, les plaintes pour infraction au droit d’auteur étaient trop nombreuses.

 

 

 

Attaquer le registrar reste l’un des moyens les plus éprouvés pour mettre un terme à la vie d’une plateforme. Et Openload était dans le viseur d’un grand nombre de sociétés. On lui accordait plus de trafic que des 4shared, Rapidgator ou encore Uploaded : un outil beaucoup trop intéressant pour rester en ligne.

 

Selon les informations de Torrent Freak, le site a vu son nom de domaine en. CO suspendu par le registrar Namecheap, avec pour justification, « Abus ». Selon l’opérateur du site, il s’agirait d’une prétendue violation des conditions d’utilisation du service du registrar. 

 

« Fondamentalemement, ils ont juste dit qu’ils avaient reçu trop de réclamations DMCA », explique-t-il. Autrement dit, les ayants droit ont fait valoir que se retrouvaient un trop grand nombre de fichiers contrefaits. Et pour en avoir une petite idée, il suffit de consulter Google pour découvrir que 450.000 demandes ont été formulées contre les extransions. CO et. IO, en moins d’une année.

 

Le DMCA, ou Digital Millenium Copyright Act, est la législation qui permet de lutter contre le piratage en ligne. Et les sociétés engagées contre le site Openload sont légion, et variées. Dans le détail, on retrouver ainsi plusieurs groupes d’édition : des ebooks présents en pagaille, et chez diverses sociétés. On compte tout aussi bien Reed Elsevier que Hachette Livre, HarperCollins ou encore Editis. 

 

Plusieurs milliers d’URLs sont concernées par les demandes formulées à travers la société Digimarc, agissant pour le compte de différentes maisons. 

 

L'hydre : tête tranchée, mais qui repousse

 

Bien entendu, c’est le monde du cinéma qui est le principal touché. Or, chose intéressante, une grande partie du trafic du site était originaire du Japon ; cela explique pourquoi la RIAA, Netflix ou encore Warner Bros, distributeurs d’animes japonais, étaient concernés. 

 

L’animateur du site précise que les plaintes « étaient bien sûr toutes suivies de suppression, dans les 6 à 24 heures, mais leur nombre était trop important pour [NameCheap] ». Le service avait mis en place une solution de retrait simplifiée par une API : « Openload est soucieux d’optimiser le processus de suppression de fichiers qui contreviennent au droit d’auteur », jure-t-on. 

 

Sauf que, dans le principe même du site, quelque chose gênait passablement les détenteurs de droits. En fait, les uploaders étaient rémunérés suivant la quantité de fichiers qu’ils mettaient en ligne. Un montant fixe pour 10.000 uploads était reversé, comme le souligne la page d’accueil du site. 

 

Et surtout, que l’on ne se préoccupe pas trop du devenir du site : si Openload a été supprimé, et n’est plus accessible qu’à travers une version limitée, un nouveau domaine, Olaod.co, est d’ores et déjà opérationnel – acheté en urgence suite à la suspension par Namecheap.