L'IDPF invente le Saint Graal du DRM : léger, facile et complet

Clément Solym - 19.05.2012

Lecture numérique - Usages - IDPF - DRM - verrous


L'éternelle question de la protection des oeuvres numériques revient au quadruple galop, avec une solution émanant de l'IDPF en personne. Toute l'industrie du livre est encore loin de comprendre l'impératif besoin de supprimer les DRM de son catalogue d'ebooks. 

 

Mieux (enfin... pire !), remarquait-on à l'occasion de la journée anti-DRM : « Bien que la DRM ait été largement battue dans le téléchargement de musique, elle devient un problème croissant dans le domaine du livre numérique, où les gens subissent des restrictions sur leurs livres, de sorte qu'ils ne peuvent librement les prêter, les revendre ni les donner, pas plus que les lire sans être tracés ni les déplacer vers un autre appareil sans avoir à ré-acquérir la totalité de leurs livres. Le public a même connu une suppression par des entreprises de leurs livres sans avoir donné leur permission. » (voir notre actualitté)

 

Reste que L'international Digital Publishing Forum vient de proposer une solution de DRM, des verrous numériques, traditionnellement censés imposer des limitations strictes dans l'utilisation des fichiers achetés - musique, films, livres, jeux vidéo, etc. Il s'agirait même d'un outil interopérable, à savoir qu'il s'adapterait à toutes les plateformes existantes, directement injecté dans le code du fichier EPUB.

 

 

 

À ce jour, il faut distinguer deux approches : celle des éditeurs qui refusent les DRM, et ont opté pour des solutions plus discrètes de marquage. Les autres, qui passent par un verrouillage de leurs fichiers. Cependant, s'y ajoutent des marqueurs supplémentaires, chez Apple, Barnes & Noble, Kobo, qui établissent des solutions de verrouillage en plus - là où Amazon va au plus simple : il dispose de son propre format propriétaire de livres numériques, et de l'écosystème qui l'accompagne. 

 

Pourtant, même un site aussi important que Harry Potter avec des enjeux commerciaux mondiaux, a pris le parti de recourir à du watermarking, c'est-à-dire la solution la plus fluide actuellement existante, qui marque le fichier, sans lui imposer de restrictions. 

 

Ainsi, l'IDPF se dirige vers une solution DRM qui serait moins lourde et imposante que celle actuellement mise en place par le biais d'Adobe, le tout au travers d'un outil qui technologiquement, 

  • n'exerce aucune pression sur l'utilisateur, 
  • n'a pas d'incidence tarifaire quel que soit le côté de la chaîne, 
  • ne nécessite aucun pré-requis matériel dans les lecteurs
  • minimise voire décourage le piratage

 

En somme, l'IDPF a trouvé le SAINT GRAAL, et, s'il vous plaît, tous à genoux, priez et implorez, gloria deo in excelsis !

 

Cette nouvelle version du DRM pour fichier EPUB pourrait être prochainement standardisée, avec une protection offerte aux ayants droit et éditeurs suffisante pour faire oublier la solution Adobe. 

 

Pour Bill Rosenblatt, qui amorce cette réflexion et présente le projet, « aucune solution standardisée actuelle ne serait suffisamment efficace ni validée, pas plus que les solutions à venir ne prennent assez en compte les exigences premières ». Mais en parallèle, « les éditeurs reconnaissent de plus en plus que la présence de DRM exerce une influence qui va contre leurs intérêts, y compris dans le manque de simplicité d'utilisation et dans leur utilisation par les distributeurs, pour verrouiller les usages des consommateurs. »

 

A Lire

Adobe : Aucune solution DRM spécifique à l'EPUB 3

 

L'approche est relativement simple : un mot de passe qui fonctionnerait pour déverrouiller un fichier, quand bien même l'appareil en question ne serait pas connecté à Internet. Le cryptage passerait alors par un mot de passe relatif à la carte de crédit, une adresse email ou un renseignement personnel privé. Différents degrés de restrictions sont disponibles, selon que l'on veuille proposer le fichier en prêt pour une bibliothèque, ou que l'on décide de sa commercialisation pour le grand public. De même, l'impression ou non du fichier sera prise en compte, de même que le copier-coller de partie ou totalité sera possiblement interdit. En outre, même si le revendeur par le biais duquel on s'est procuré le fichier venait à fermer, le livre serait toujours accessible, sans aucune restriction. 

 

Avec une approche technique relativement simple, une efficacité promise - quand bien même on sait qu'un verrou n'existe, sur la toile, que pour être finalement cassé à un moment ou un autre - et des approches pour les professionnels particulièrement intéressantes, l'IDPF propose probablement là une solution riche d'avenirs. 

 

Peut-être de quoi faire revenir Arnaud Nourry sur ses dernières délcarations concernant la présence impérative de DRM dans les fichiers numériques des maisons du groupe Hachette.

 

« Si dans cinq ans ou dix ans, la question est culturellement dépassée, on sera ravis d'enlever les DRM. Mais aujourd'hui, nos auteurs ne comprendraient pas que l'on se lance dans un système où l'on vend une fois et où c'est copié 500 fois. C'est trop contraire à la défense du droit moral pour qu'on le fasse. Peut-être dans une prochaine génération, verra-t-on les choses autrement : la musique a fini par abandonner les DRM, mais l'heure n'est pas venue pour les éditeurs. » (voir notre actualitté)

 

Nul doute en tout cas que cette solution comptera parmi les grandes discussions de la réunion du 8 juin prochain. Plus d'éléments sont propsoés à cette adresse

 

Une question reste toutefois : pourquoi s'emm*rder autant avec des DRM ?