L'imprimante d'IBM saura détecter les infractions au droit d'auteur

Clément Solym - 18.05.2016

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Soucieux de la protection du droit d’auteur, IBM a déposé une demande de brevet qui permet d’empêcher l’impression d’un contenu sous copyright. Une technologie assez intéressante, puisqu’elle parviendrait à identifier texte ou image soumis au droit d’auteur : une fois le contenu vérifié, impossible même de le copier.

 

2 Guys 1 Printer

Beau Giles, CC BY 2.0

 

 

Le brevet est intitulé Copyright Infringement Prevention, tout un poème, et son principal objectif est de restreindre les capacités d’imprimantes. Elles ne peuvent en effet traiter les demandes de numérisation ou d’impression qu’après avoir eu la confirmation que l’utilisateur est autorisé à le faire.

 

Concrètement, l’ordinateur connecté à la machine va identifier le contenu potentiel du fichier – ce peut donc être du texte, des images, ou même un ensemble de mise en page. « L’ordinateur détermine si le fichier peut être imprimé sur la base, ou au moins en partie, du matériel sous droit identifié », explique le descriptif.

 

IBM indique par ailleurs que, pour vérifier les infractions au droit d’auteur, sa technologie pourrait prendre en compte différents facteurs : types de licences, droits de propriété, et nombre d’impressions autorisées pour le document.

 

Le système, on le comprend, aboutirait à une imprimante couplée à un serveur contenant une base de données suffisamment importante pour valider les demandes. Lors de la réception d’un document à imprimer, on interrogera le serveur pour vérifier les autorisations. 

 

La demande a été déposée le 15 avril 2015, et ses inventeurs sont asikanth Eda, Deepak Ghuge, Sridhar Puvvala, and Riyazahamad Shiraguppi, qui travaillent tous pour la filiale indienne d’IBM. 

 

IBM brevet copyright infraction document

 

 

Ce brevet aurait des applications assez sévères dans le monde scolaire : les enseignants reçoivent un nombre limité de copies possibles, et, une fois le quota atteint, la machine se mettrait donc en grève. On comprendrait mal pourquoi un consommateur lambda s’offrirait un pareil outil pour son usage personnel.

 

En revanche, dans les entreprises, des solutions techniques pareilles auraient certainement leur place. Du moins, les ayants droit apprécieraient certainement de voir que cet outil a pris place dans des endroits où la violation du droit d’auteur peut s’exercer. 

 

En outre, le brevet indique qu’il serait en mesure de parcourir et analyser de grandes quantités de texte pour procéder à des analyses et démasquer des cas de plagiat. 

 

Dans tous les cas, IBM anticipe une partie des problèmes provoqués par cette machinerie : une solution de vente de droits serait intégrée directement à sa technologie. De la sorte, les utilisateurs pourraient acheter des autorisations, que ce soit pour la copie ou l’impression. On se régale par avance de savoir comment le législateur français s’accommodera d’un tel engin.