L'incidence du piratage sur les ventes n'a rien d'assuré

Clément Solym - 09.06.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - etude - pirater - oeuvres


François Toubon nous répondait hier que la pédagogie était le maître mot pour traiter actuellement des infractions liées au droit d'auteur sur le net. Pédagogie, peut-être, mais passant principalement par Hadopi, pouvait-on en conclure.

Or, le piratage, pour nuisible qu'il puisse être, ne représente pas une perte directe, attendu que l'éternel discours, une oeuvre piratée équivaut à une vente de perdue, ne tient pas une seconde la route. Et tous ceux qui ont une fois dans leur vie téléchargé une oeuvre le savent.

Ainsi, un nouveau rapport commandé par le Strategic Advisory Board for Intellectual Property Policy apporte un nouvel éclairage sur cette idée encore trop peu répandue. Ce qui est intéressant, c'est que l'étude, bien que ne portant pas uniquement sur le secteur du livre, a montré que les données disponibles étaient insuffisantes pour que l'on puisse évoquer une perte financière.

Christian Handke, auteur du rapport, précise que les effets directs de copies numériques sur l'industrie ne soient que difficilement quantifiables. L'exemple du partage de fichiers via des réseaux dédiés est typique - mais là encore, les informations manquent pour saisir l'ampleur de la situation.

Des conclusions qui ne feront pas date, puisque les industries culturelles s'empresseront de les oublier. Pour autant, précise Christian, rien n'assure entièrement que l'intérêt pour le peer-to-peer soit en baisse, ni que de taper sur ces pratiques soit la solution idéale - sans que des conséquences inattendues ne surviennent.

L'an passé, c'est Brian O'Leary qui avait, durant la conférence Tools Of Change, fait valoir une opinion plus que similaire. « N'essayez pas de résoudre le piratage : pensez plus à l'utiliser correctement. » Avant d'assurer : « Nous ne sommes pas pro-piratage - nous croyons à la valeur de la propriété intellectuelle. Mais si le contenu piraté aide quelqu'un, c'est probablement une position commerciale viable. »