L'industrie du papier souffrirait de l'encre numérique

Clément Solym - 27.06.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - industrie - papier - ebook


Qui de l'industrie papier ou du livre numérique pèse le plus lourd sur l'empreinte carbone ? La question reste ouverte tant le marché est en pleine mutation. Pourtant au Canada, les effets les plus visibles ne sont pas écologiques.

 

Selon les résultats d'une nouvelle étude publiée par la Conference Board of Canada, l'industrie papier subit de plein fouet le passage au numérique. Une décision qui concourrait à une demande moindre de livres fleurant bon la cellulose selon l'organisme.

 

Si les premières sources de production concernaient les journaux et la papeterie de type annuaires ou répertoires, « le livre devrait suivre la même voie », a estimé Michael Burt auteur de l'étude, mais aussi directeur du Conference Board en charge d'analyser les tendances économiques.

 

Avec 10 pour cent de parts de marché pour l'année passée, le livre numérique aurait déjà pénétré 21% des foyers du pays selon les estimations du Pew Research Centre. Conséquence pointée du doigt par la Conference, la perte de revenus  2011 devrait s'accélérer  à mesure que la production diminue. Et, à l'arrivée, des prévisions de suppression d'emploi à hauteur de 5.000 postes. Dans le même temps, certains éditeurs américains présagent que le livre numérique comptera pour la moitié des revenues à l'horizon 2014.


 

 

Reste à savoir s'il s'agit d'une véritable explosion de la demande d'appareils ou d'une hausse assortie d'une chute drastique de la consommation de livres poches. Néanmoins, la même étude du Pew Forum a également montré que les possesseurs de tablettes étaient de grands consommateurs de livres à tous les niveaux.

 

En février, sur l'ensemble de ces lecteurs d'encre numérique, 88% avait également lu un format papier. Cependant, rien ne permet de dire que la consommation papier de cette cible se maintiendra. Le même mois de février, une enquête de Bowker démontrait une baisse croissante du budget alloué au livre papier (3% en 2010, 6% en 2011). Si l'achat d'un appareil numérique entraîne logiquement une croissance de livres lus sur écran, le seuil de consommation papier demeure inconnu.

 

Avec l'augmentation de lecteurs sur supports numériques, les prochaines études devraient montrer si lire sur tablette tend à vider les bibliothèques, comme plusieurs études de l'industrie le démontrent, ou, si la souplesse d'utilisation d'un lecteur n'est pas un instrument supplémentaire vers une consommation mixte. On se rappellera l'argument de l'industrie cinématographique du siècle dernier. À son apparition, la télévision avait été vue comme le prédateur du cinéma. Ce qu'elle ne fut pas.