L'Italie s'oppose à Google, qui tente de charmer l'Europe

Clément Solym - 04.09.2009

Lecture numérique - Acteurs numériques - éditeurs - italiens - contre


Après l'Allemagne et la France c'est au tour de l'Italie de marquer son désaccord concernant l'arrangement entre Google et les éditeurs américains, révèle l'AFP.

L'Allemagne, l'italie et la France contre Google

On se souviendra que la ministre de la Justice allemande, Brigitte Zypries avait envoyé une lettre au tribunal de New York qui démontait plusieurs points de l'accord et notamment celui de la restriction géographique. Chose plutôt impensable sur internet.

Le Syndicat national de l'édition a aussi écrit au tribunal arguant que « ce projet d’accord n’est pas conforme au droit de la propriété littéraire et artistique, ni à la Convention de Berne. Discriminant à l’encontre des éditeurs et des auteurs non américains, il ne propose pas les bases d’un partenariat équitable et équilibré ». Nous devrions obtenir de plus amples informations sous peu à ce sujet.

L'Association italienne des éditeurs reprend ce dernier argument dans sa lettre au tribunal de New York en charge de l'affaire : « Cet accord viole plusieurs points de la convention de Berne sur les droits d'auteur, qui affirme la nécessité d'un accord préalable pour toute utilisation des oeuvres ».

Elle affirme : « Nous nous trouvons face à un accord privé qui institue de fait un régime spécial en faveur d'une seule entreprise, ce qui est sans précédent » ajoutant « un régime de ce type crée des risques réels de monopole dans l'édition électronique » et critique vivement la clause impliquant « un pouvoir totalement discrétionnaire pour exclure les livres qui ne lui [Google] plaisent pas ».

Entre l'Allemagne, l'Italie, la France, certains auteurs de SF, et l'Open Book Alliance (alliance des géants Amazon, Microsoft et Yahoo!) ça fait beaucoup d'ennemis et d'avis défavorables pour Google Book. Le tribunal devrait statuer le 07 octobre prochain.

Le géant fait les yeux doux à Bruxelles

D'un autre côté, Google bénéficie de l'appui de la Commission européenne. Il faut dire que le géant fait tout pour s'attirer la sympathie de Bruxelles. Organisant des visites des grandes bibliothèques avec lesquelles il travaille, et des rencontres avec les auteurs qu'il a déjà conquis.

C'est aussi, une façon de préparer le terrain avant d'être entendu par la commission européenne sur son accord avec les éditeurs et auteurs américains. En effet, la Commission européenne avait demandé à Google de s'expliquer sur cet accord, et il devrait le faire le 07 septembre prochain.

Pour autant, Google ne lève pas le mystère sur l'endroit où il numérise les livres, ni sur sa façon de faire et encore moins sur le coût de cette opération.