L'offre de prêt numérique en bibliothèques reste frileuse au Japon

Julien Helmlinger - 03.03.2015

Lecture numérique - Usages - Prêt numérique - Bibliothèques - Ebooks


Au Japon, cette année fiscale, on dénombrerait 10 bibliothèques publiques supplémentaires qui prêtent des livres numériques à leurs usagers équipés en ordinateurs, lecteurs ebooks et autres tablettes. Une fois leurs identifiant et code PIN enregistrés, ils ont accès 24h/24 aux documents hébergés sur des serveurs reliés au web. Mais du chemin resterait à faire afin de doter les services publics d'un catalogue digne de ce nom.

 

 

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CC BY 2.0 par Jesslee Culzon

 

 

La bibliothèque de Chikusei, dans la préfecture d'Ibaraki, a lancé son service numérique en octobre dernier et revendique désormais un catalogue de quelque 3400 ebooks, échantillon de littérature allant de Soseki Natsume à William Shakespeare, sans faire l'impasse sur les guides de voyage et autres guides pratiques.

 

Le directeur adjoint Yasuhiro Fujikawa estime conséquent le niveau d'intérêt des usagers pour une offre numérique, qui transparaît notamment dans le nombre de demandes de renseignements. Au total, la bibliothèque a prêté environ 400 ebooks en trois mois, dépassant ses attentes en la matière.

 

Dans le pays, 33 bibliothèques publiques proposent à présent des livres numériques. La bibliothèque Chiyoda , à Tokyo, était la première à se lancer sur le terrain du prêt numérique, en 2007, en prêtant à ses usagers des appareils de lecture numériques qu'ils peuvent utiliser uniquement sur place, un service qui aurait une certaine popularité parmi les plus jeunes lecteurs.

 

D'une bibliothèque à l'autre, on tente parfois de se créer des offres distinctives : la bibliothèque de Meiwa propose ainsi 400 volumes des œuvres complètes du mangaka Osamu Tezuka, et celle de Hagi propose quelque 2000 ebooks, sur l'apprentissage des langues ou encore la préparation d'examens.

 

Globalement, ces catalogues numériques manqueraient de best-sellers et de nouvelles publications, car les éditeurs seraient encore réticents à les rendre disponibles au prêt, craignant parfois des répercussions sur les ventes papier. Et la permission des ayants droit doit être obtenue pour le prêt d'ebooks.

 

Japan Digital Library Service

 

En 2013, les maisons d'édition Kadokawa et Kodansha, ainsi que la chaîne de librairies Kinokuniya ont coopéré pour fonder le Japan Digital Library Service (JDLS), dans l'optique de doter le pays d'un nouveau modèle d'affaires impliquant les bibliothèques, les détenteurs de droits d'auteur et les éditeurs. 

 

Un projet pilote a été lancé dans la bibliothèque de Yamanakako, en octobre dernier, avec un catalogue de 1800 ebooks, incluant des nouveautés, mais pas de best-sellers. Le directeur Takahiro Maruyama confie que ce projet a abouti à de nouvelles inscriptions d'usagers en provenance de l'extérieur de la préfecture.

 

Le Japan Digital Library Service adresse sa facture tous les deux ans aux bibliothèques, au moment où ces dernières renouvellent leurs contrats. Mais, cette fois encore, certains usagers regrettent que l'ensemble du catalogue des éditeurs contribuant au projet ne soit pas disponible au prêt. 

 

Selon les données de Impress Corp, le marché du livre japonais serait pourtant désormais riche de quelque 600.000 titres numériques. Les ventes d'ebooks et de magazines dématérialisés représenteraient 101,3 milliards ¥ pour l'exercice 2013, en hausse de 24,5 milliards ¥ par rapport à l'année précédente. 

 

(via Mainichi)