L'offre numérique de magazines, la preuve Amazon par l'ebook

Clément Solym - 16.10.2012

Lecture numérique - Usages - magazine numérique - livres numériques - Amazon


En matière de numérisation, les difficultés rencontrées par  éditeur de presse et éditeur de livres sont abyssales. Et la tâche devient plus lourde encore, quand il s'agit de penser une version numérique - et plus simplement numérisée - d'un journal. Russ Grandinetti, le monsieur lobbying contenu Kindle (et accessoirement vice-président) venait, ce lundi, prêcher la bonne parole à San Francisco, devant l'industrie de la presse.

 

 

 

Mais que l'on se rassure, si chez Apple, « il y a une application pour ça », chez Amazon, on a « une communication pour ça ». Et avec la présence de la tablette Kindle Fire sur le marché, il est impératif qu'Amazon dispose d'une offre numérique adaptée pour ses clients. Sauf qu'à ce jour, quelques des plus sérieux acteurs de la presse ne passent pas par des plateformes numériques. 

 

Russ était venu à la rencontre de l'Association of Magazine Media, réunie à San Francisco, pour évoquer l'expérience du marchand, sur le livre numérique. Une édification comme une autre, mais un récit qui ne manquait pas d'intérêt. Car dans les premiers temps, la numérisation des livres était un défi, et pas des moindres. Numériser des magazines, c'est, certes, une autre paire de manches, mais le défi n'est pas moins stimulant. 

 

« Même les livres, qui représentent une transition plus facile pour les gens, étaient une tâche difficile. Quand nous avons débuté, nous n'avons pas cherché à savoir ce que seraient les ventes d'ebooks, à l'époque, nous n'observions que le livre imprimé », explique-t-il. En effet, le papier, c'est léger, résistant, peu coûteux. Or, le problème est que l'expérience numérique du magazine ne se rapproche que de loin du contact avec l'imprimé. (via GigaOm)

 

Pour le client final, il était primordial de pouvoir retrouver, avec les livres numériques et les lecteurs ebook, les gestes effectués depuis 500 ans. Pour les magazines, les difficultés sont plus délicates encore. Reposant sur de grandes photos imprimées sur papier glacé, et avec moins de texte, il n'est pas évident de pouvoir transférer ces contenus directement sur une tablette.

 

Plate-bande et plate-forme

 

Sauf que l'avenir des magazines numériques est aujourd'hui incontestable, bien que le support papier ait encore beaucoup de choses à offrir. « La force de la plateforme Kindle, qui nous a apporté le succès dans le domaine des livres, et ce que nous pouvons vous aider à faire avec les magazines, c'est que les clients n'ont pas à choisir sur quels appareils ils vont pouvoir lire. » Et de fait : s'il faut reconnaître une véritable force à Amazon, c'est d'avoir constitué un véritable parc d'applications, adaptées à tous les systèmes d'exploitation, mobiles ou non, pour que le client puisse retrouver ses contenus, depuis le cloud.

 

De plus, le modèle économique est encore plus simple à envisager, puisque dans le cas d'offres d'essai gratuites, les utilisateurs sont plus facilement enclins à s'abonner pour recevoir encore le produit, assure Grandinetti. 

 

« L'imprimé est un produit si bon que cela va être une belle, longue et lente transition », ajoute-t-il. Mais les avantages sont multiples, notamment du fait des outils de recommandations que possède Amazon. Ce pouvoir de prescription, au travers de 'Ceux qui ont acheté ce livre ont également acheté', donne d'importants résultats. 

 

C'était donc la minute lobbying...

 

Car bien entendu, si les applications permettent de retrouver ses contenus sur toutes les plateformes, Amazon se garde bien de dire que l'utilisateur se retrouve dans un écosystème fermé et complètement propriétaire. Dans le domaine de la presse, il est encore préférable de profiter d'une version PDF numérisée, comme celle que propose Le Monde ou Libération, plutôt que de passer par la plateforme Amazon. Moins ergonomiques, certes, mais avant tout plus profitables aux éditeurs eux-mêmes...