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L'Ultra de Pocketbook, “conçu pour numériser directement des documents”

Nicolas Gary - 28.05.2014

Lecture numérique - Lecteur eBook - Ultra - Pocketbook - lecteur ebook


Le dernier modèle de lecteur ebook de la société PocketBook, le Ultra, a été présenté officiellement la semaine passée. Cet appareil dispose d'une caméra intégrée, et, selon Alexandre Shabaev, directeur général France de la société, a été « conçu pour numériser directement des documents ». Le distributeur est revenu avec nous sur cette grande première dans le monde de l'encre électronique. 

 

 

 

 

La numérisation de fichier, c'est une grande nouveauté pour un lecteur ebook, « alors que les tablettes proposent des solutions pour le faire, depuis longtemps », souligne-t-il. Deux modes de numérisations ont été prévus : le premier, passe par un logiciel de reconnaissance de caractères, quand la machine est hors ligne. L'autre, se réfère au service de numérisation de Google : « Si l'on est connecté au net, un scan est envoyé au service de Google, pour identifier le livre. »

 

Cette évolution est particulièrement importante, en regard de la législation française. En effet, selon l'article 122-5 du Code de la propriété intellectuelle, il est permis à un consommateur de pouvoir réaliser une copie numérique, d'une oeuvre, à condition d'être le détenteur de l'appareil permettant la numérisation.  

Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :

1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ;

2° Les copies ou reproductions réalisées à partir d'une source licite et strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de données électronique ;

 

Notons, à ce titre, qu'il est strictement interdit de confier un livre papier à une société, qui facturerait la numérisation et la transformation en ouvrage numérique. Le Ultra permettrait donc à son possesseur d'être dans les clous de la législation française, en offrant une solution de lecture numérique, mais également de numérisation instantanée ? 

 

« C'est cela, nous avons développé un logiciel en interne, qui peut détecter les langues romanes et le russe. À ce jour, nous n'avons pas encore sorti de SDK qui permettrait aux développeurs de créer ou d'adapter leurs propres solutions logicielles, mais nous ne l'excluons pas. »

 

Dans le même ordre d'idée, les fichiers numérisés seront stockables directement sur son espace Dropbox dédié : avec DropBox, les livres électroniques et autres données peuvent être facilement synchronisés et stockés dans le Cloud, précise la firme. « Cette synchronisation du scanner s'effectue si l'on a choisi de privilégier le cloud pour ses ouvrages numériques. »

 

Un matériel résistant, et plusieurs projets

 

Si l'on pouvait exprimer certaines réserves quant à la capacité de l'appareil de numériser des pages sans dévorer sa réserve en énergie, Alexandre Shabaev rassure immédiatement : le processeur, est un modèle Frescale, de 1 GHz, avec 512 Mo de mémoire vive. Le genre de configuration que l'on pouvait retrouver sur les premiers smartphones Android voilà quatre ou cinq ans, et avec les optimisations réalisées, le fabricant garantit que l'autonomie ne sera pas impactée. « D'autant que notre appareil tourne sous Linux, qui est bien évidemment moins gourmand que Windows, et qu'il a profité de nombreuses optimisations que nous avons pu apporter. »

 

Toutefois, il faudra attendre les tests - l'Ultra ne nous est pas encore parvenu, et pour l'heure, impossible de dire quel est le rendu exact d'une numérisation. Ni où s'arrête les compétences du logiciel d'OCR. Les attentes sont grandes, de ce point de vue. Et l'on ignore surtout quelles capacités de reconnaissance et de structuration d'un livre seront offertes.

 

La caméra de 5 Megapixels, est dotée d'un autofocus et d'un flash. « Les fichiers numérisés peuvent évidemment être en couleur, mais c'est l'écran du Reader qui leur confère un rendu noir et blanc. Si les scans sont exportés, ils seront bien entendu semblables à l'original. » L'écran, tactile, cela va sans dire, est d'ailleurs équipé de la technologie Carta, la dernière génération, avec une résolution de 1024x758 et 212 dpi. 

 

« L'Ultra est une machine puissante, et plusieurs scénarios sont d'ores et déjà envisagés pour les prochains développements. » Pour l'heure, l'appareil peut scanner un numéro ISBN, celui que l'on retrouve au dos d'un livre, mais également les QR Codes. « Cette solution serait privilégiée pour la vente de livres numériques : dès que l'appareil est connecté, il pourrait réaliser une identification de code, et proposer l'achat d'une version numérique d'un livre papier. C'est une solution qui nous a été demandée, et sur laquelle nous travaillerons prochainement. » 

 

D'autres usages, comme celui de la gestion d'un inventaire et d'une bibliothèque - personnelle, ou, pourquoi pas, publique - comptent parmi les perspectives d'avenir de cette machine. « Nous pourrions intégrer une solution logicielle qui gérerait les ouvrages d'une bibliothèque : cela fait partie des propositions que nous avons reçues, et sur lesquelles nous travaillerons. »

 

Reste que l'Ultra ne s'adresse pas directement au grand public. « Nous disposons de trois gammes de produits, allant de la lecture simple, aux usages pour public averti. Très clairement, l'Aqua, notre modèle étanche, et l'Ultra, entrent dans cette dernière catégorie », conclut Alexander Shabaev.