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La bibliothèque de prêt numérique italienne MLOL Plus passée au crible

Nicolas Gary - 21.05.2017

Lecture numérique - Usages - prêt numérique bibliothèque - salon du livre de Turin - ebook bibliothèques Italie


#salto30 – En l’espace de deux ans, MLOL, pour MediaLibraryOnLine, est passé d’un catalogue de 40.000 ebooks à plus de 110.000. Cette solution de prêt numérique fut lancée avec 4000 bibliothèques sur le territoire italien. Et à l’occasion du salon de Turin, une offre spéciale encourage chacun à lire. Et à s’inscrire, ça va sans dire.


MLOL Plus, le prêt numérique
ActuaLitté, CC BY SA 2.0


 

Lancé le 31 octobre 2015, MLOL n’a pas encore fêté sa deuxième année d’existence, mais frappe fort. Son offre couvre aujourd’hui 5000 établissements de prêts en Italie — y compris ceux de la ville de Turin. En partenariat avec l’Associazione Italiana Biblioteche et les organisateurs du Salon, MLOL se lance dans une campagne de séduction massive. 

 

150 crédits pour télécharger des zibouks
 

Durant la période du salon — jusqu’au 22 mai, donc — une carte offrant 150 crédits de téléchargement permet de télécharger entre un et trois ebooks. Pour en obtenir plus, il suffira de racheter des crédits supplémentaires, en profitant des différentes formules (présentées en fin d'article). Pour chaque souscription alors réalisée, 80 % des montants seront reversés aux bibliothèques participantes. 

 

À ActuaLitté, Nicola Lagioia, le commissaire du salon, explique que « les livres sont un lien et une relation qui s’établit, qu’ils soient numériques ou de papier. Ils parviennent à regrouper les gens. C’est pourquoi nous avons mis en place cette occasion de naviguer dans une bibliothèque numérique ». Nous nous sommes donc lancés... 



Même avec une carte de crédit française (nécessaire pour bénéficier de l’offre, histoire de s'asurer que c'est une inscription unique), tout semble parfaitement fonctionner. Nous voici donc dotés d’un solde de 150 crédits à dépenser avant le 20 mai 2018. En avant alors pour le surf et la découverte de titres
 

Attention toutefois : « Vous pouvez lire les ebooks MLOL Plus sur tous les dispositifs qui supportent le format EPUB et la protection Adobe DRM », ce qui va être ennuyeux sans liseuse sous la main. Mais soit. En avant vers la bibliothèque et son offre.



 

Allez, le bonhomme était l’une des stars du salon, essayons de trouver un livre de Roberto Saviano. On tombe sur cinq, Gomorra, ZeroZeroZero, Vieni via con me, Super Santos et le dernier publié, La paranza dei bambini. Pas mal : l’offre de nouveautés est présente, principalement pour un best-seller, voici qui est plutôt prometteur. Même remarque pour Daniel Pennac, dont le dernier roman sur les Malaussene est également présent. 

 

On va donc tenter d’obtenir Il caso Malaussène et La paranza dei bambini. Premier obstacle : chaque livre coûte 150 crédits — ou 9,99 € si on décide de les acheter. Autrement dit, le prix de vente habituel que l’on retrouve dans les ebookstores. Fort bien : la bibliothèque numérique propose également une boutique où l’on peut faire ses emplettes. La déclinaison est audacieuse, mais particulièrement intéressante. 

 

Pennac, on pourra le lire en français, optons donc pour Saviano. Clic sur Prendi in prestito, nos 150 crédits sont engloutis. S'ouvre alors une page qui propose diffférentes solutions pour la lecture du titre en question : ordinateur (PC ou Mac), à travers l'application dédiée MLOL Plus (iOS ou Android) ou sur lecteur ebook. 
 


 

Chose intrigante, il est proposé de sélectionner le format, mais un seul est proposé, l’EPUB. Conclusion : soit des titres en PDF se retrouvent dans l’offre, soit MLOL envisage de proposer également du MOBI ? Concernant le prêt, dans tous les cas, il faudra disposer d’un compte Adobe, pour lire le fichier. On prend l’option liseuse, et très logiquement, un lien avec une extension ACSM, typique du fichier avec DRM, est téléchargé.

 

À partir de là, tout le monde saura se débrouiller pour rendre ce fichier lisible sans peine, et sans avoir à se retrouver enfermé dans un écosystème Adobe — on appelle cela l’inutilité du DRM. Même par temps de fortes pluies. Le détenteur d’un Kindle pourrait également passer par quelques manipulations pour changer le format et le rendre lisible : étant donné que la mise en page est très simple, les lecteurs survivront. Précision tout de même : c'est de la contrefaçon, que de casser un DRM, que ce soit en France ou en Italie.

 

L'essayer, c'est l'adopter – d'autant que la suite est vraiment alléchante
 

Notons que le prêt est effectif pour une période de 14 jours — ce qui explique en partie la fonction du DRM — au terme desquels l’ebook ne sera plus lisible. Conclusion ? Eh bien tout se déroule le plus simplement du monde, dès lors que l’on dispose d’un compte Adobe. Même le recours à une application se passe sans douleur : l’environnement de prêt est très efficace. 

 

Un bémol tout de même : cette offre exceptionnelle de 150 crédits est finalement assez peu attractive. Plusieurs titres passés en revue étaient proposés pour 150 crédits, alors que leur tarif à la vente est de 2,99 € ou autres prix. Il faut alors passer par la sélection des titres compris entre 51 et 100 crédits pour trouver comment vraiment bénéficier de 3 ouvrages en prêt maximum — ce sur quoi communique MLOL. 

 

Un bref calcul permet cependant de comprendre que si le premier « prix » du prêt est de 51 crédits, il sera de toute manière impossible d’en emprunter 3. Et pour reste dans les chiffres des lettres, notons que l’offre globale de livres se décompose comme suit : 

• 3635 titres libres de droits

• 55.690 titres entre 51 et 100 crédits

• 21.054 titres entre 101 et 150 crédits

 

Ensuite, les offres d’abonnements vont de 10 € à 30 € annuels, en passant par 20 €. Elles offrent respectivement de se procurer 

• 3 à 9 ebooks, avec 450 crédits

• 6 à 18 ebooks, avec 900 crédits

• 9 à 27 ebooks, avec 1350 crédits.

 

En somme, cette solution est nettement plus avantageuse que les abonnements aujourd’hui constitués en France. Presque rien à redire, en somme : la proposition de découverte promue à l’occasion du Salon de Turin est une bonne chose, en ce que le lecteur expérimente alors le service. Libre à lui, par la suite, de souscrire à la formule qui lui conviendrait le mieux.