La confusion entre musique numérique et ebook persiste

Nicolas Gary - 21.05.2014

Lecture numérique - Usages - lecture en streaming - offre d'abonnement - Oyster


Après des mois de négociations, l'éditeur Simon & Schuster a finalement accepté de mettre plus de 10.000 titres de son catalogue dans le service Oyster. Lancé l'automne dernier, l'offre de lecture en streaming s'inscrit dans la tendance actuelle que de proposer du Eat-All-You-Can, mais cette fois avec des livres. 

 

 

paul blaze @ DK mixshow

Digital Konfusion, CC BY NC SA 2.0, sur Flickr

 

 

On compte aujourd'hui 500.000 ouvrages proposés pour 9,95 $ mensuels dans l'offre d'abonnement de Oyster - alors que son concurrent, Scribd, dispose de 400.000 oeuvres, pour 8,99 $. Aucune des deux sociétés ne communique toutefois sur le nombre d'abonnés ayant souscrit au service, souligne le Wall Street Journal.

 

Jusqu'à présent, seul HarperCollins avait accepté de rejoindre le service de streaming, parmi les grosses écuries éditoriales américaines. De son côté, S&S estime que cette offre représente une solution intéressante pour valoriser les titres anciens de son fonds. De même que HC, il a été décidé par l'éditeur de proposer des titres qui ont été publiés voilà un an, au moins.

 

Mais ce changement de politique rejoint également une autre initiative de Simon & Schuster, puisque ce dernier a ouvert un nouveau service, Entitle Books Inc., qui propose aux consommateurs l'achat d'un certain nombre de livres pour un prix mensuel fixe. Carolyn Reidy, directrice de la maison, souligne que l'offre de streaming met en valeur les ouvrages, parus « voilà 20 ans ou 5 ans, ils disposent d'une visibilité égale ».

 

Reste que les trois autres monstres de l'édition américaine, Macmillan, Hachette Book Group et Penguin Random House refusent toujours de s'inscrire dans ces offres. Chez HBG, Evan Schnittman, directeur marketing et des ventes, assure : « Ce n'est pas un modèle pour nous. Mes enfants n'achètent plus de musique parce qu'ils utilisent l'un des nombreux services d'abonnement de musique, avec un accès 24h/24 et 7j/7. »

 

Autrement dit, la crainte de perdre des ventes avec un service de streaming, ou le principe de cannibalisation, fait toujours peur aux maisons. Chose que conteste, en douceur, Trip Adler, PDG de Scribd : « Dans la vente au détail, les gens ont l'habitude de chercher des titres qu'ils veulent déjà. Avec l'abonnement, ils cherchent des livres qu'ils n'auraient pas lus autrement. »

 

Preuve également que, même pour le groupe Hachette, dont la dynamique numérique se poursuit, outre-Atlantique, avec 13,4 % des ventes réalisées en format ebook, la transition intellectuelle n'est toujours pas opérée. Envisager la cannibalisation des ventes de livres numériques, en la mesurant à celle de la consommation de musique reste une erreur réelle. Et démontre clairement que le digital est appréhendé comme une source d'angoisse, au travers d'un vaste amalgame.