La contrefaçon chute en Norvège, sans besoin d'Hadopi

Clément Solym - 19.07.2013

Lecture numérique - Législation - livre audio - contrefaçon - Hadopi


Le rapport Lescure avait déjà dit tout le bien qu'il pensait de l'Hadopi. Or, si le fonctionnement allait être légèrement retouché, la fonction resterait, tout en étant transmis au CSA. En effet, la fameuse riposte graduée était tout de même sauvée, Lescure prônant ses valeurs pédagogiques. Néanmoins, les sanctions étaient pointées comme totalement disproportionnées en regard des pratiques. Eh bien, l'Hadopi et le volet répressif semblent eux-mêmes disproportionnés, si l'on se fie à une récente étude norvégienne.

 

 

Norvegian sunset

Un long voyage vers la lumière ?

doegoxCC BY-SA 2.0

 

 

Seule avancée notable, la ministre de la Culture avait annoncé la fin de la coupure d'accès à internet, maintenant toutefois la contravention de 5e classe, soit 1500 €. « En cas de condamnation, le juge ne pourra désormais plus prononcer, en plus d'une amende, une "peine complémentaire" suspendant l'accès à Internet », promettait la ministre début juillet.

 

Oui, mais voilà que surgit cette étude IPSOS réalisée en Norvège, avec des chiffres particulièrement éloquents : en l'espace de cinq années, les chiffres de téléchargements illégaux ont littéralement fondu, mieux que la résistante neige de Norvège.

 

De 1,2 milliard de chansons on passe ainsi à 210 millions. Pareil pour les épisodes de séries, dans des proportions plus importantes encore (135 contre 55 millions) ou encore pour les films (125 contre 65 millions). Une situation qui ne doit pourtant rien à un quelconque volet légal dans le pays, mais bien plutôt à la constitution d'une offre légale répondant aux nouvelles habitudes de consommation. N'oublions en effet pas que Spotify, pour la musique, nous vient de ces territoires nordiques, et que sa croissance en Norvège est tout aussi importante que celle de Suède... (voir notre actualitté)

 

En outre, il semble bien que les internautes ne pratiquent plus le piratage pour éviter de payer : au contraire, , quand leur sont proposées des offres attractives, ils s'y lancent pour s'épargner les contraintes des recherches débouchant sur des contrefaçons. 

 

L'étude norvégienne examine également la consommation de livres audio - un format à succès dans ces territoires. Spotify avait d'ailleurs ajouté dès juillet 2009 un catalogue de livres audio à son service de streaming et dernièrement, le suédois Storytel affirmait poursuivre son développement, avec 45.000 abonnés à un service de streaming entièrement consacré à l'audiobook.

 

 

 

 

Dans l'étude, donc, l'audiobook est interrogé : 50 % des personnes ont copié un exemplaire à sa sortie, 17 % assurent que ce sont des textes européens, 21 % qu'ils proviennent d'ailleurs que l'Europe. En revanche, 12 % ne se souvenaient pas de la provenance. L'étude ne passe en revanche pas sur le livre numérique, et c'est bien regrettable, mais les conclusions n'en demeurent pas moins réelles.