La controverse n'en finit pas sur le prix des livres numériques

Clément Solym - 27.02.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - Amazon - Kindle - distributeurs


Charles Cooper, de CNET, est catégorique : cette affaire est d'envergure « nucléaire ». Il y a à peine quelques jours, des milliers de titres numériques de l' Independant Publishers Group ont été retirés de la vente par Amazon suite à un contentieux concernant le prix des ebooks : Amazon comptait renouveler son contrat avec IPG mais en vendant les titres à un prix compétitif tout en restreignant les marges de l'éditeur, et donc en augmentant les siennes (voir notre actualitté).


Selon Cooper, les détaillants n'ont plus leur mot à dire sur les prix de leurs ebooks dans la mesure où les éditeurs ont pris affermi leur poigne sur le marché. Les pratiques d'Amazon sont extrêmement controversées, notamment en ce qui concerne la rémunération des auteurs sur la vente de leurs livres, aux formats papier comme numérique.

 

Or, maisons d'édition et librairies physiques, vite secondées par les auteurs, ont engagé leurs forces dans la bataille : « Ce n'est pas la première critique de ce genre que reçoit Amazon. On avait pu l'observer, les méthodes d'Amazon sont sujettes à débat, pour ne pas dire plus, dans le monde de l'édition américaine. En conséquence, de nombreux libraires, et à leur tête Barnes & Noble et Books-A-Million, avaient décidé de boycotter les livres d'Amazon pour protester contre l'attitude féroce de la firme » (voir notre actualitté)

 

 

 

Amazon, pour vendre son Kindle, accepte de reverser 70 % du prix du livre aux éditeurs/auteurs, si ceux-ci acceptent de leur côté de vendre leurs ebooks entre 3 et 10 $ (soit environ entre 2 et 7 euros). Ce prix correspondrait à 80 % de celui du livre papier. Il s'agit donc pour Amazon de revoir à la baisse le prix des ebooks afin de rendre son catalogue plus attractif. Or cette stratégie est de moins en moins acceptée par les éditeurs, en témoigne le désaccord entre IPG et Amazon.

 

Cette décision intervient dans un contexte de prise de pouvoir notable des maisons d'édition, et la constitution de « prix d'agence » inquiète la justice européenne. En décembre 2011, une enquête avait été ouverte, sur la possible constitution d'un cartel autour d'Apple et cinq autres éditeurs d'ebooks, accusés de pratiques (notamment des accords restreignant toute possibilité de compétition pour le marché de l'ebook au sein de l'espace communautaire) contrevenant aux lois antitrust de l'Union européenne.