La Dame Numérique de Filippetti quitte le ministère de la Culture

Nicolas Gary - 27.04.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - ministère de la Culture - Aurélie Filippetti - Silicon Valois


En novembre 2012, Sophie-Justine Lieber était nommée au cabinet de la ministre, au titre de conseillère en charge du numérique. Dix-huit mois plus tard, voici qu'elle quitte la rue de Valois, nous explique-t-on, confirmant un message diffusé par Électron Libre depuis Twitter. On se demande d'ores et déjà comment la Silicon Valois va mener à bien sa mission, sans une chargée des questions numériques. (article mis à jour, initialement publié le 26/04 à 12:04

 

 

 

En l'état, nous explique-t-on, le rôle de Mme Lieber était assez limité, notamment pour que ce qui est des questions liées au livre. Le rôle de conseillère est en effet assuré par Clarisse Mazoyer, chargée de la presse, du livre et de la lecture (ainsi que de la langue française et des langues de France, mais aussi de la culture scientifique). Sophie-Justine Lieber n'était donc probablement pas en position de beaucoup intervenir, alors même que les développements numériques du livre devraient être au coeur des réflexions. 

 

 

 

 

« C'est, en quelque sorte, un départ à l'amiable », nous précise-t-on. En revanche, c'est l'absence de remplacement qui pose quelques questions. « C'est assez paradoxal : d'un côté, on un engagement fort dans les questions numériques, avec la création de la Silicon Valois [NdR, espace de coworking créatif prévu pour mai], et de l'autre, un poste de conseiller qui sera laissé vacant... » 

 

màj 27/04 à 12h : selon nos informations, le remplacement du poste de conseiller aurait bien lieu, mais se ferait en toute discrétion. 

màj  28/04 à 11h05 : le poste de chargée du numérique sera confié à Juliette Mant, ancienne rapporteure de la Mission Lescure, et actuellement en poste au cabinet de la ministre pour le secteur éducation artistique et culturelle 

 

Et surtout, on s'amusera d'un ministère qui passe une grande partie de ses déclarations à dénoncer les politiques des Google, Facebook, Apple etc., et qui, parce que le nom a quelque chose de sexy, décide de baptiser son opération Silicon Valois, en référence à la Silicon Valley. Comment, sinon par un tour de passe-passe communicatif, s'inscrit-on dans le sillon de ce que l'on combat ?

 

Reste que ce départ pourrait tout à fait être lié à la loi Création, toujours très discutée, et dont personne n'a encore vu. À l'exception peut-être, du directeur général de la SACD, Pascal Rogard, qui avait méchamment mis à mal les institutions, en expliquant sur Twitter : 

 

 

 

Maître des requêtes au Conseil d'État, Sophie-Justine Lieber fut, entre autres, auteure en 2006, à l'occasion des 25 ans de la loi Lang, d'une étude sur l'ensemble de la jurisprudence acquise pour le compte du SLF. Elle assista également Me Jean Martin, pour l'établissement d'un rapport sur les oeuvres orphelines, remis en mars 2008, pour le CSPLA. (voir à cette adresse)

 

On la retrouve également comme rapporteur des travaux de Marc Tessier, sur le rapport pour la numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques, présenté en janvier 2010 à Frédéric Mitterrand, dans le cadre de la Commission du même nom. (voir à cette adresse) Rapport qu'avait complètement négligé la direction de la BnF, dans le cadre des partenariats public-privé, mais c'est un autre débat.

 

Sortie de l'ENA, elle débuta sa carrière en tant qu'économiste à la Banque de France, en 1992, puis devint conservatrice de bibliothèque, avant de passer chef, au Bureau du livre français à l'étranger, pour le ministère de la Culture. À partir de 2008, elle occupe le poste de directrice du centre de recherche et de diffusion juridique, puis en 2010, devient donc rapporteur public.