La dépression visible sur les photos Instagram : attention à vos lectures

Nicolas Gary - 20.08.2016

Lecture numérique - Usages - instagram réseaux sociaux - dépression livres photos - lire moral déprime


Dans l’espace des réseaux, n’importe qui peut vous entendre crier. Mais les plus grandes douleurs sont muettes, alors à quoi bon ? Des chercheurs ont décidé de se lancer dans l’analyse des selfies et clichés mis en ligne sur Instagram, pour décrypter le comportement et la santé mentale des utilisateurs. Suprise : l’usage de certains filtres semble révélateur d’un état dépressif. Surprise, vraiment ?

 

Depressed In Paris....

Toni Birrer, CC BY SA 2.0

 

 

Plus de 43.000 photos ont été passées au crible, et 166 participants se sont prêté au jeu : tout a été analysé, couleur, métadonnées, commentaires et filtres, de même que la détection algorithmique du visage. Un peu ce que l’on retrouve sur Snapchat pour déterminer si ce sont bien des visages qui s’affichent sur l’écran. 

 

Moralité, les personnes déprimées ont tendance à utiliser des couleurs plus axées sur le bleu, le gris et leur donner une dimension sombre. De même, elles recourent au filtre Inkwell. Pour les non déprimés, c’est en majorité le filtre Valencia qui est utilisé. Le premier a tendance à assombrir, quand le second éclaire les photos, de façon disproportionnée.

 

Pour le moment, les travaux engagés n’ont pas vocation à servir de grille de lecture, pour déterminer si les utilisateurs sont déprimés. En revanche, l’algorithme qui a été mis au point pour décortiquer les clichés a de bonnes bases devant lui.

 

Les deux chercheurs, Andrew Reece de l’Harvard University à Cambridge (Massachusetts) et Chris Danforth de l’University du Vermont à Burlington assurent que d’autres expérimentations sont nécessaires pour affiner leurs conclusions. 

 

Elles n’en sont pas moins valides pour ce qui est des autoportraits ou selfies, mais également de l’ensemble des clichés que l’on diffuserait à travers le réseau. Et évidemment, les bookfaces – ces clichés où la couverture d’un livre est mise en scène avec le visage de celui qui le tien – ne sont pas exempts de cette approche.

 

Ami lecteur, si tu aimes les chats, tu es dépressif

 

Pour démontrer toute la justesse de ce que les chercheurs ont trouvé – avec un ratio de 70 % de réussite, selon leurs propres résultats –, la rédaction a décidé de tenter l’aventure, et il semble délicat de dire si Valencia (première photo) ou Inkwell (second cliché) révèle une tendance à la dépression chez le rédacteur. 

 

 

 

Test dépression #1

Une photo publiée par @actualitte le

 

 

 

Test dépression #2

Une photo publiée par @actualitte le

 

 

 

Le fait est que lire des livres, selon une étude menée par l’université de Liverpool, serait bon pour le moral, et chasserait la dépression. « Alors que les avantages sociaux de la lecture sont largement reconnus, il est également important de reconnaître les gains à tirer de la lecture sur notre santé personnelle, et notre bien-être », assurait son auteure, Josie Billington.

 

« Ces résultats soutiennent l’idée que des changements majeurs dans la psychologie individuelle sont transmis dans l’utilisation des médias sociaux et peuvent être identifiés par des méthodes de calcul », indiquent simplement les deux chercheurs. 

 

L’ensemble de l’étude est proposé à cette adresse (anglais et PDF)