La fatigue devant l'écran : l'encre électronique a peu d'avantages

Clément Solym - 02.10.2012

Lecture numérique - Usages - fatigue - écran - numérique


La société E Ink Holdings détient aujourd'hui la plus grande partie du marché de l'encre électronique. Ce support d'affichage, particulièrement prisé pour les lecteurs ebook, connaîtrait un engouement fou pour la fin de l'année 2012, avec une demande des clients, grand public ou professionnels, réellement florissante. Or, une vilaine étude vient de tomber, qui fait voir la vie non plus en nuances de gris, mais en vilain noir...

 

 

Glare Test (Maximum)

IAM (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

En effet, l'encre électronique était jusqu'à lors vantée pour ses doux mérites : alors qu'un écran LCD, comme celui d'une tablette, diminue les sécrétions de mélatonine, et nuirait donc au sommeil et à l'endormissement, les appareils E Ink n'avaient pas ce défaut majeur. Pas plus qu'ils n'abîmaient la vue, les yeux, ou quoi que ce soit d'autre. 

 

Une vérité qui ne passerait pas l'épreuve scientifique du feu, estime l'Ophthalmic and Physiological Optics. Ce dernier a publié une étude le mois dernier, montrant que la technologie E Ink a des effets insoupçonnés - ou plutôt, une absence d'avantages manifestes. Une étude menée en laboratoire sur un groupe de 10 participants a mis en relation la lecture sur un écran E Ink et un écran LCD, durant plusieurs heures. 

 

Par la suite, le test a consisté à mesurer la vitesse de lecture des lettres et les réflexes de la pupille, quantitativement, ainsi que, plus subjectivement, la fatigue ressentie par le cobaye, et la manière dont il sentait ses yeux. En comparaison étaient placés un iPad et un PRS-600. 

 

Du point de vue des tablettes, la question du LCD ne se pose pas, et l'on en fait régulièrement état dans la presse, relayant des études nombreuses. Smartphones et tablettes sont en première ligne en tant qu'appareils de lecture (toutes lectures confondues). Mais il apparaît clairement dans l'étude que la différence entre les qualités de lecture et les répercussions sur les yeux, pour les deux types d'écran n'est ni flagrante, ni significative. 

 

De fait, la fatigue visuelle serait même identique, bien que, selon les personnes et leur sensibilité, nous ne serions pas égaux devant le LCD et l'e-Ink. Toutefois, le fait de lire sur un iPad, à l'écran bien plus grand que le PRS-600 pourrait avoir faussé dès le départ, les données de l'étude. Ensuite, les évolutions de technologie pour l'encre électronique sont importantes, notamment avec le bond qualitatif réalisé au travers de la techno Pearl. 

 

La recherche sur le sujet a montré que comparé à la lecture sur affichage électronique, la lecture sur papier reste plus efficace et plus rapide. Et c'est de ce constat que l'équipe était partie pour aborder la problématique LCD/e-ink. Mais les conclusions sont formelles et « les deux types d'affichage sont similaires, objectivement et subjectivement ». Ainsi, ce n'est pas la technologie en soi, mais plutôt la qualité d'images qui semble cruciale pour la lecture. (via Digital Reader)

 

Avis aux amateurs...