La France adopte les outils numériques pour ses habitudes culturelles

Julien Helmlinger - 16.01.2015

Lecture numérique - Usages - Baromètre - Outils numériques - Culture - Accessibilité


Le syndicat professionnel Syntec Numérique et son partenaire BVA ont publié ce vendredi leur baromètre du mois de janvier 2015. Celui-ci se focalise sur les nouvelles façons dont les Français consomment les médias et la culture, à l'ère des plateformes de téléchargement et autres offres de streaming. Verdict : la population en France adopterait massivement les outils numériques dans ses habitudes culturelles.

 

 

 

 

Le baromètre vise à déterminer dans quelle mesure les Français ont recours à des outils numériques pour regarder un film, lire un livre ou écouter de la musique, mais aussi à vérifier si les tendances d'appliquent aux arts et spectacles. Une majorité adopterait de plus en plus le numérique dans ses pratiques, mais les canaux traditionnels resteraient bien ancrés dans le quotidien des Français.


Plus de deux consommateurs sur trois, soit 64 % d'entre eux, utiliseraient désormais le replay sur Internet pour visionner des émissions de télévision. Aujourd'hui, le service serait d'ailleurs le plus ancré dans les pratiques de consommation-média de la population.

 

Ils sont 45 % de sondés, surtout ceux au capital économique et culturel élevé (53 %), à consulter des éditions numériques de livres ou de journaux, ainsi que 80 % à se déclarer intéressés par une offre numérique de conférences, de visite de musées, d'expositions ou de diffusion de concerts. Par ailleurs, le développement des pratiques culturelles numériques limiterait quant à lui la pratique du piratage.

 

Le streaming semble moins populaire, séduisant 33 % des Français sondés, tous types de contenus confondus. Mais cette popularité arrive toutefois devant celle du téléchargement de contenus, qui n'aurait séduit que 26 % des interrogés.

 

« Dès lors que l'accès à des émissions, des films, des musiques est permis légalement, il n'est plus utile de les pirater. Les outils numériques possèdent donc l'avantage de “désinciter” au piratage et de redonner une valeur aux contenus. Par exemple, en les mettant à disposition pendant une durée limitée sur les box », explique Mathieu Coulaud, délégué aux Affaires juridiques de Syntec Numérique

 

Les outils numériques pour un meilleur maillage des offres culturelles

 

Une large majorité de Français serait également séduite par l'idée de se « cultiver » sans avoir besoin de se déplacer, depuis leur ordinateur ou tablette. 51 % des sondés sont intéressés par la participation à une conférence sur un thème de culture générale en ligne, 43 % par la visite d'un musée ou une exposition grâce à une simple connexion, et 33 % par un concert via internet. 

 

Selon Mathieu Coulaud : « Il est certain que les innovations proposées par les entreprises du numérique rendent de plus en plus aisées ce type de pratiques. Le numérique devient un véritable vecteur de rayonnement de la culture, en tous lieux et à n'importe quelle heure. Par extension, les outils numériques deviennent un élément de maillage du territoire pour des lieux qui n'ont pas ou peu d'offres culturelles. Ils sont également un formidable outil de promotion pour les institutions culturelles, les musées et les organisateurs de spectacle. Avec le numérique, le secteur culturel continue ainsi à innover et à proposer des offres permettant une consommation légale et diversifiée. » 

 

Bien que séduisants et de plus en plus mis à profit par les consommateurs, ces outils numériques liés à la culture et à l'usage de biens culturels n'ont pas totalement éclipsé les canaux classiques qui restent le premier moyen d'accéder à ce type de contenus. Parmi les sondés, cela se vérifie surtout pour ce qui concerne la lecture : 85 % des interrogés préfèrent lire un livre au format traditionnel, contre 10 % sur une liseuse, une tablette, ou un smartphone.

 

L'enquête s'est basée sur un échantillon composé de 1.297 personnes, interrogées en ligne après avoir été recrutées par téléphone, qui se veut représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.