La France n'est pas charmée par les ebooks

Clément Solym - 14.03.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - ebook - marché - France


Une fois n'est pas coutume, c'est l'heure de la piqûre de rappel. Nous ne sommes toujours pas les plus gros dévoreurs d'ebooks du monde, ni même d'Europe.

 

En même temps, c'est vrai que nous ne disposions fin 2011 que d'environ 60.000 titres en français, selon le cabinet d'étude Kearney. Contre 2.700.000 aux États-Unis, 400.000 en Grande-Bretagne, 80.000 en Allemagne. L'Europe reste pourtant la troisième région la plus importante pour la vente d'ebooks.

 

Équipement à la traîne

 

De fait, la France possède un taux d'équipement 100 fois moins important qu'aux États-Unis, avec 0.2 % du public équipé contre 20 % outre-Atlantique.

 

Les tablettes se font ainsi beaucoup plus attractives. En raison de leurs nombreuses fonctionnalités et leur plus grande interactivité, elles menacent certainement le marché des lecteurs ebooks, représentés quasi exclusivement en France par cinq d'entre eux : Kindle (Amazon), Kobo (Fnac), Cybook (Bookeen), Nook (Barnes&Nobles) et Sony Reader (Sony). Les tablettes connaissent un succès notable en France... et sont beaucoup plus appréciées que les lecteurs ebooks (1,8 million d'unités vendues fin 2011).


 

La concurrence entre les supports devrait pourtant offrir plus de moyens de se procurer et lire des ebooks, mais d'autres facteurs freinent ce développement.

 

Tarifs décourageants

 

Avant tout, la France commercialise tablettes et lecteurs à des prix beaucoup plus élevés que d'autres pays. Enfin, les ebooks eux-mêmes sont vendus plus cher en France, comme en témoigne l'étude du cabinet Kearney. Et là encore, la différence entre Europe et Amérique (sud et nord) est notable.

 

En France, un ebook fraîchement publié verra son prix varier, selon cette étude, entre 12.5 et 15 euros. Il variera entre 10.8 et 13 euros au Royaume-Uni, 9.2 et 10.9 euros en Allemagne. Mais aux États-Unis, un nouvel ebook coûte environ 9.3 euros (12 $), et 7.5 au Brésil.

 

 

Pourquoi une telle variation ? Celle-ci est essentiellement due dans l'Hexagone, au prix unique du livre, qui ne tend pas à tirer les prix vers le bas (voir notre actualitté). Reste à savoir si le débat sur la TVA du livre numérique changera la tendance en 2012.

 

En somme, si la France fait partie de la seconde vague d'adoption des nouvelles technologies de lecture, il se pourrait bien qu'elle soit très bientôt dépassée, dans l'usage, par les pays de la troisième vague (Amérique du Sud, Inde...), en fonction de la pénétration dans ses pays des réseaux internet, des tablettes et lecteurs, et de la disponibilité des titres dans la langue concernée.

 

Auto-édition, le vent en poupe

 

Le rapport note par ailleurs que le nombre de titres autoédités grignote sur le chiffre d'affaires de l'édition traditionnelle. En 2011, cette dernière aurait connu une perte de revenus estimés entre 70 et 120 millions de dollars.

 

Ce qui explique pourquoi, même en tête du marché, les éditeurs américains doutent encore de leur avenir (voir notre actualitté).