La lecture en streaming, modèle peu rentable mais en croissance

Clément Solym - 15.11.2012

Lecture numérique - Usages - lecture en streaming - éditions Quae - Smartlibris


Nées en 2006 de la fusion des départements édition de 4 centres de recherche (Cirad, Ifremer, Inra, Irstea) les éditions Quae évoqueront d'abord à certains quelques douloureux souvenirs de déclinaisons (avec qui et quod). Mais la maison d'édition scientifique entretient le goût de l'expérience, et a fait le choix de la lecture en streaming dès 2008, avec CyberLibris. Catherine Thiolon, directrice du développement numérique chez Quae, partage quelques-unes de ses observations.

 


 

 

Après 6 années d'existence, les éditions Quae ont accumulé près de 1200 titres dans leur catalogue : parmi eux, « Nous avons environ 700 PDF et 550 EPUB, distribués sur Numilog, Immatériel, CyberLibris et bientôt une plateforme américaine », détaille Catherine Thiolon, contactée par téléphone. Comme la plupart des éditeurs, Quae s'est d'abord tourné vers Gallica, pour bénéficier de l'aide à la numérisation du Centre national du Livre.

 

Depuis ces premiers balbutiements numériques, la maison a fait du chemin, mais n'a sûrement pas tourné le dos au support, immanquable pour un éditeur scientifique. « Nous vendons jusqu'à 2000 pages par mois via CyberLibris » évalue-t-elle. « C'est assez peu, mais au moins nous sommes lus. » La lecture en streaming se paye en effet au nombre de pages lues ou imprimées, et non à l'ouvrage complet.

 

« Je me permets d'ajouter que CyberLibris [créé en 2001, NdR] a été long à démarrer, mais que son pourcentage de croissance dépasse les 100 % » précise Catherine Thiolon, visiblement satisfaite du service, comme nous l'assurait François Lascaux, cofondateur de la plateforme. (voir notre actualitté) Conformèment à l'offre de CyberLibris, Quae propose ses catalogues aux universités et autres grandes écoles : « Paradoxalement, les écoles d'ingénieur ont moins l'habitude de travailler en numérique, mais on se dit que l'on rend service à certains étudiants » souligne Mme Thiolon.

 

Tandis que le premier vendeur de livres physique Quae reste Amazon, certaines fonctionnalités, comme la recherche dans le texte (Quae est partenaire de Google depuis 2006), participent à l'attrait de la formule pour le public. Marginal, donc, encore plus que les lecteurs numériques : Quae ne fait que 5 % de son chiffre d'affaires en numérique, et la plupart des ces ventes se font directement sur le site de l'éditeur.

 

Mais la lecture en streaming n'effraie pas : tous les auteurs acceptent la mise en ligne, et seuls quelques coéditeurs ont posé problème, souvent résolus avec une courte discussion. « Les prix de nos ouvrages numériques sont en moyenne 35 % moins chers que les versions papier, mais nous nous arrangeons pour que les auteurs touchent la même somme », souligne Catherine Thiolon.