La lecture numérique, un boulet pour le libraire Barnes & Noble

Antoine Oury - 11.01.2016

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La chaîne de librairie américaine Barnes & Noble se réjouit d'une hausse des ventes dans ses boutiques, au cours des vacances des fêtes de fin d'année. De même, les achats à travers le site internet flambant neuf BN.com ont été satisfaisants : cela dit, le numérique reste un point faible du vendeur, qui accuse encore le coup d'une baisse des ventes de ses produits Nook.

 

nook shop

La boutique Nook, sur un appareil Samsung (Harrison Weber, CC BY 2.0)

 

 

En considérant uniquement les points de vente principaux, les ventes des dernières vacances augmentent de 1,6 %, un an après une précédente augmentation de 1,7 %, souligne Ron Boire, directeur exécutif de Barnes & Noble. « Nous sommes aussi satisfaits par les résultats en hausse de BN.com en décembre, avec un site toujours effectif et un trafic en hausse pendant les vacances », explique-t-il.

 

Une raison de se réjouir, d'autant plus que le site avait rencontré de sérieux problèmes à l'allumage

 

Ces nouvelles, pour le moin appréciables, semblent toutefois destinés à rassurer les investisseurs : les ventes totales, dans les boutiques et sur le site, baissent malgré tout de 0,8 %, à 1,1 milliard sur une période qui s'étend de la fin du mois d'octobre au 2 janvier 2016. Et ce, alors que les librairies indépendantes américaines affichent des résultats encourageants, à la hausse.

 

Les déclarations d’Ann Patchett, romancière devenue également libraire, avaient réchauffé les cœurs, en démontrant que la librairie indépendante américaine renaissait de ses cendres. Les clients, expliquait-elle, « collectivement semblent prendre conscience qu’ils sont responsables de ce que les commerces marchent ou échouent, selon l’endroit où ils dépensent leur argent ». 

 

Et de poursuivre : « Si vous aimez votre librairie et que vous souhaitez qu’elle se maintienne dans votre paysage, alors vous devez y acheter vos livres, de la même manière que vous devez acheter votre marteau au gars du magasin de bricolage, qui vous donne toujours de bons conseils. »

 

Mais peut-être est-il plus commode de promouvoir l’indépendance qu’une chaîne...

 

Bref, chez Barnes & Noble....

 

Sur cette même période, pourtant propice aux achats de lecteur ebook pour offrir, les ventes Nook sont également en baisse, et pas qu'un peu : avec - 25,8 %, les investisseurs continuent à s'arracher les cheveux, ou ce qu'il en reste. Les ventes de livres numériques (21,3 millions $) sont supérieures à celles des équipements (19,9 millions $), ce qui porte à croire que le recrutement de nouveaux lecteurs est en berne.

 

Et c'est justement le gros problème de Barnes & Noble, assure Business Insider : d'après des déclarations des dirigeants de B&N, le Nook aurait fait perdre quelque 39 millions $ à la chaîne en 2015. Un des analystes consultés par les dirigeants, John Tinker, estime que la firme ne peut pas abandonner ses activités numériques : même si la firme a étendu sa présence numérique à d'autres appareils, les lecteurs Nook figurent parmi les plus gros acheteurs de livres.

 

Autrement dit, abandonner le suivi reviendrait à se tirer une nouvelle balle dans le pied, en s'aliénant de fidèles et réguliers consommateurs. Pour cette année 2016, Barnes & Noble envisagerait de réduire ses frais consacrés à la lecture numérique, et ceux engloutis par des boutiques trop grandes, au profit de librairies de proximité, à la surface plus réduite, et aux loyers moins astronomiques. Il reste également l'alcool, pour améliorer les revenus, ou pour oublier...