La librairie Dialogues refoule les ebooks avec DRM de son catalogue

Clément Solym - 15.11.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - vente - livres - verrous


Les verrous numériques, la librairie Dialogues n'a jamais caché son hostilité à leur égard. « Nous avons, dès les premiers couacs, fait remonter à nos fournisseurs les plaintes des clients mécontents de l’usage limité et frustrant qu’ils pouvaient avoir des livres numériques qu’ils avaient achetés », assure Charles Kermarec.

Dnas un billet plutôt vindicatif, le Breton rue dans les brancards,s ans prendre de gants. Trois bonnes et belles raisons pour lesquelles, lui, libraire, ne veut plus vendre de livres numériques DRMisés. « Vendre un e-book avec DRM pour que le client acheteur ne puisse pas copier-coller son livre, pour qu’il ne puisse pas en imprimer à loisir tout ou partie, pour qu’il ne puisse pas le prêter, c’est se méfier a priori de ce client. C’est le menotter ou penser a priori que ce client est malhonnête. »

Conclusion nette et sans appel : « Prendre un client pour un voleur, ça m’est insupportable. Donc ça suffit. Jouez ce jeu-là messieurs les fournisseurs, mes amis, si ça vous chante. Mais sans ma complicité. »


Deuxième point, la facilité avec laquelle on peut craquer les DRM, sans même se fouler. D'ailleurs, et la preuve n'est plus à donner, livrer des ebooks avec DRM, c'est encourager les petits maniaques à les torpiller. Et selon le vieil adage, qui cherche, trouve. « Ceux qui cherchent et trouvent pour la beauté du geste démontrent, ce faisant, l’inefficacité des DRM. Puis il y a ceux qui cherchent parce qu’ils ont l’intention de pirater. Ils trouvent parce que les premiers trouvent. Et donc eux aussi, les voleurs, les DRM ne les embêtent pas. »

Quant à ceux qui ne sont pas pirates, mais consommateur, sans intention de nuire, les DRM fonctionnent ! « Manque de chance, ça ne sert à rien. Ils n’avaient pas l’intention de voler. Ni celle de pirater. Ni de disséminer. Mais peut-être de prêter leur e-book. » Terrible. Alors pour eux, c'est la loose : ils sont prêts à passer 30 minutes avec le SAV pour comprendre comment télécharger... mais ils sont honnêtes.

De là la troisième raison « en forme de question : à quoi, à qui ça sert les DRM si ça emmerde les honnêtes gens et que ça ne gêne pas les voleurs ? » Moralité : « Nous allons continuer à vendre des e-books, bien sûr. Sans DRM, ou filigranés. »

Et pour ceux qui aiment les réflexions, le dernier paragraphe sera des plus intéressants. À lire sur Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.