La Martinière : comment l'accord Google Books soutiendra les librairies

Clément Solym - 08.10.2011

Lecture numérique - Usages - martinière - google - amazon


L'avènement du Kindle en France, tant attendu, voire tant désiré, marque une nouvelle étape dans la démocratisation de la lecture numérique en France. Hervé de la Martinière, PDG du groupe éponyme, qui a annoncé le 6 octobre avoir signé avec le cybermarchand pour la commercialisation de ses livres numériques revient avec nous sur ce lancement.

 

« Il n'y a pas une grande différence entre ce que chacun des éditeurs a pu négocier avec Amazon. Notre groupe est impliqué, mais cette signature impliquait également les maisons que nous distribuons. Il nous a donc fallu être attentifs pour parvenir à un accord qui soit convaincant. »

 

Signe d'une continuité

 

Dans cet accord, justement, on retrouve un vestige de négociations passées, au travers du contrat d'agence. Avant que la loi portant sur le prix unique du livre numérique, qui autorise les éditeurs à fixer leur prix, et empêcher que les revendeurs ne pratiquent de remises, la solution était de passer par un contrat d'agence. Ce dernier fixe de la même manière un prix déterminé par l'éditeur et auquel le revendeur doit se tenir. « Dans ce contexte, le contrat d'agence fait en effet un peu doublon, en ce qu'il redit la même chose que la loi, mais les négociations ne datent pas d'hier, et nous n'allions pas revenir sur toutes les négociations. » Cet accord n'est donc pas même une double assurance, il entérine simplement « l'important de voir le prix fixé par les éditeurs ».

 

 

« L'arrivée d'Amazon est importante, bien sûr, et notre partenariat représente pour moi une continuité dans notre travail. On entend parler, et l'on parle, du livre numérique depuis de longues années. C'est peut-être du fait d'un manque d'offres ou d'acteurs que le marché n'est pas encore démocratisé, ni généralisé. Mais je préfère encore considérer la signature avec Amazon comme une évolution, plutôt que révolution. »

 

Le catalogue disponible, pour l'heure, est majoritairement celui du Seuil et de L'Olivier, comme nous l'apprenions, et contrairement à ce que nous avions pu envisager, les livres numérisés par Google ne pourront pas figurer au catalogue proposé chez Amazon. Pas plus que chez Apple, finalement. « Nous sommes toujours en train de mettre en place l'inventaire des livres numérisés, que nous avons obtenus suite à notre accord. Ce sont des milliers de fichiers que nous recevons, et nous faisons face à toute une problématique de mots clefs qu'il est impératif d'établir pour avoir une vision claire. »

 

Un catalogue pour les libraires

 

Cependant, ces milliers d'oeuvres ne se retrouveront pas sur Kindle, pas plus que sur l'iBookstore. « Dans l'accord que nous avons passé avec Google Books, il est stipulé que nous ne pouvons pas vendre les oeuvres sur d'autres plateformes de concurrents directs, ce qui implique, bien sûr, Amazon, mais également Apple. En revanche, Eden Livres pourra tout à fait les commercialiser, une fois les vérifications opérées, à destination des libraires, comme des bibliothèques. » (voir notre actualitté)

 

La chose est donc importante : La Martinière se dirige vers une offre de livres numériques disponibles en téléchargement chez les bibliothèques. Le sujet est important et nous reviendrons prochainement sur cette question.

 

Toutefois, il est important de noter que les critiques formulées à l'égard de l'accord tombent donc à l'eau, fort heureusement. « Notre accord n'a rien de contradictoire avec la tribune d'Olivier Béthourné parue dans Le Monde. Notre action contre Google se faisait dans l'intérêt des auteurs et finalement, nous sommes parvenus à trouve une solution qui respecte le droit d'auteur. Mais notre engagement concernant le livre papier et les librairies n'entre absolument pas en contradiction avec la signature de l'accord, puisque justement ce sont les libraires qui pourront profiter du catalogue. Nos oeuvres pourront ainsi être vendues sur une plateforme comme 1001libraires, ce qui va bien dans le sens de notre décision. »

 

Prudence sur la TVA

 

Quant à la question de la TVA, qui, ainsi que l'a assuré François Toubon, sera fixée au 1er janvier de 19,6 % à 5,5 % pour les livres numériques, une harmonisation indispensable avec les livres papier, Hervé de la Martinière reste prudent. « Il faut être certain que juridiquement cela sera accepté. Et je vous avoue être un peu inquiet sur cette transition, ainsi que de la réaction de la Commission européenne. Mais bien sûr, si l'on peut mettre en application ce taux de TVA réduit, nous le ferons. Et il faudra le répercuter sur le prix de vente pour les lecteurs.

 

C'est cependant là l'autre problème que pose cette baisse de TVA. Il sera important de protéger le livre de poche. Et nous réfléchissons donc à cette mise en application de la réduction de prix sur les ouvrages grand format, et sur le livre de poche. Dans tous les cas, nous estimons bien entendu légitime que les lecteurs profitent de cette diminution de prix. » (voir notre actualitté)




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