La ministre de la Culture allemande soutient les auteurs face à Amazon

Julien Helmlinger - 21.08.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon et auteurs - Allemagne et politique - Bibliodiversité et monopole


Monika Grütters, actuelle ministre allemande de la Culture et des Médias, rejoint Aurélie Filippetti au rang des personnalités politiques montées au créneau contre les pratiques commerciales d'Amazon, au moment où les auteurs publiés chez Bonnier comme Hachette font les frais de rudes négociations face au « guépard ». Alors qu'un groupe d'écrivains germaniques gronde contre la firme de Jeff Bezos, l'accusant de trafiquer sur son site les recommandations de lectures et la disponibilité des livres, la ministre « félicite et soutient » la campagne des militants.

 

 

 

Du fond du coeur

 

 

La ministre de la Culture et des Médias est membre du parti chrétien-démocrate d'Angela Merkel, le CDU. Par cette prise de position, ce mercredi, elle soutient que « le pouvoir et la domination sur le marché des canaux de distribution centraux ne devrait pas mettre en danger la diversité de notre culture ». Elle précise son point de vue en ajoutant que « si les titres sont retirés des listes de recommandation et les livraisons retardées pour appuyer les demandes de discount, la chose serait totalement inacceptable ».

 

Aux yeux de Monika Grütters, si les livres peuvent effectivement servir de produits commerciaux ils n'en restent pas moins des biens culturels. Plus encore, selon ses propres termes, « la littérature, les livres, les maisons d'édition ... sont un fondement de notre vie culturelle ». En Allemagne, en Autriche ainsi qu'en Suisse, une lettre ouverte a obtenu les signatures de plus de 1200 écrivains.

 

Le courrier visait à dénoncer les pratiques de la firme de Jezz Bezos, dans le cadre de ses négociations avec le groupe Bonnier, confronté aux mêmes exigences que la maison Hachette. La Börsenverein a ainsi porté plainte contre Hachette en juin, accusant un « abus de position dominante ». Pour la ministre, une application pure et rude des lois du marché est en effet à proscrire sur le marché du livre, et ce, au profit du respect de certaines valeurs éthiques.

 

« Cela doit s'appliquer à tous les acteurs, Amazon y-compris », conclut Monika Grütters.