La ministre de la Culture soutient l'EPUB3 et Readium

Antoine Oury - 01.07.2014

Lecture numérique - Usages - Aurélie Filippetti - EPUB3 - Readium


De passage à l'Hôtel de Massa pour saluer la réussite de la plateforme leslibraires.fr, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a pu revenir sur les conditions de vente des livres papiers et numériques sur Internet. Bien entendu, l'occasion de se passer un peu de pommade suite à l'adoption de la loi sur l'interdiction du cumul des frais de port et de la remise de 5 %, mais pas seulement.

 

 

Charles Kermarec (leslibraires.fr) et Aurélie Filippetti

Charles Kermarec (leslibraires.fr) et Aurélie Filippetti (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

La ministre de la Culture a pu effectuer un petit bilan de deux années d'actions au service de la librairie, d'ailleurs saluées par Matthieu de Montchalin : « Si la librairie, en particulier la librairie indépendante, est importante aux yeux de l'État, c'est qu'elle demeure le vecteur de la diversité éditoriale », explique Aurélie Filippetti.

 

Pour que la librairie conserve cette place particulière dans la chaîne du livre, elle doit saisir les opportunités du livre numérique à bras-le-corps, poursuit-elle, et notamment observer les techniques utilisées par Amazon, Kobo et Apple pour séduire les consommateurs. La ministre en relève trois :

  • la capacité de ces systèmes à garantir la permanence des droits de lecture acquis sur le long terme, grâce à des bibliothèques personnelles organisées dans le « nuage ».
  • la solution au problème d'interopérabilité par l'enfermement du lecteur dans un seul et unique univers technologique
  • la création d'un véritable environnement de lecture pour le consommateur, une expérience complète qui le mène de l'achat à la lecture en passant par la recommandation, en « un seul clic », avec la même aisance et simplicité

Si la première et la troisième solution apparaissent viables, la ministre prévient que la deuxième « équivaut, à terme, à un transfert de votre clientèle à votre opérateur, qui est votre principal concurrent [tout le monde aura compris qu'il s'agit d'Amazon, NdR] ». À ce titre, la ministre a salué le développement « des standards de publication numérique qui promeuvent le principe d'interopérabilité, essentiel pour un système d'échange ouvert », comme les travaux du consortium IDPF (International Digital Publishing Forum) et de Readium, dédié au système de lecture.

 

Au rayon des solutions offertes aux libraires, la ministre évoque un « opérateur nouveau », autrement dit une startup comme Overdrive ou Oyster, qui suivrait les succès de Deezer et Spotify, créés en Europe, respectivement en France et en Suède. Ou encore l'intervention d'« un acteur n'appartenant pas à la filière du livre », comme l'opérateur téléphonique Orange en France, avec MO3T.

 

« Bien entendu, il ne m'appartient pas de prendre parti pour telle ou telle de ces solutions, ce choix est pleinement le vôtre et doit rester un choix commercial et industriel », précise encore la ministre.