La pieuvre et le lecteur ebook partagent la même technologie

Clément Solym - 04.10.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - pieuvres - lecteur ebook - technologie


Voilà bien une infographie inutilement géniale, ou génialement inutile, qui fait suite à une très sérieuse enquête montrant que les pieuvres et les lecteurs ebook reposent sur un principe commun. De fait, la technologie de ces appareils serait proche des méthodes que les poulpes, calamars et autres seiches peuvent utiliser pour changer de couleur de peau.

 

 

octopus 2

AlKok (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

 

C'est le très british Journal of the Royal Society qui vient de publier l'étude, comparant le fonctionnement du papier électronique et certains organismes biologiques. Une manière, peut-être de jeter un coup d'oeil vers l'avenir, pour déterminer ce que seraient les possibles évolutions de la technologie. 

 

Cette capacité de mimétisme caméléonesque dont sont dotés ces animaux a fasciné l'équipe de Jason Heikenfeld, ingénieur dirigeant le laboratoire de recherche sur les nouveaux dispositifs, à l'Université de Cincinnati. En collaboration avec d'autres ingénieurs et des biologistes de l'US Air Force, de l'armée américaine et du Marine Biological Laboratory, ils ont collecté nombre de données sur les capacités de camouflages desdites bestioles. 

 

Ainsi, il apparaît que la production de couleurs repose sur des principes identiques, que ce soit donc, pour le camouflage, ou même durant les parades nuptiales, des animaux. Cet élément se retrouve singulièrement dans les écrans à encre électronique contemporains. Les uns comme les autres fabriquent en effet de la couleur, sans produire de lumière, contrairement aux écrans LCD rétroéclairés. 

 

« Nous avons trouvé intéressant de noter que l'approche la plus efficace, pour créer des couleurs, dans la nature, et chez l'homme, pour ces appareils, était la même », explique Heikenfeld, à Tech News Daily. Et ce, alors même que les ingénieurs qui sont à l'origine de ces écrans n'ont pas du tout cherché à imiter le principe animal. 

 

Ce qui devient intéressant, c'est qu'une fois le parallèle établi, les ingénieurs disposent d'une piste nouvelle dans le domaine de la recherche et du développement. Les céphalopodes disposent en effet de petits ‘sacs' de pigments, appelés chromatophores, et s'ils souhaitent modifier la couleur de leur peau, il leur suffit d'activer les muscles rattachés au bon ‘sac', pour littéralement changer de peau. Un principe qui est exactement celui de l'encre électronique, qui dispose de billes remplies de liquide noir ou blanc ; suite à l'impulsion électrique, la bille se tourne d'un côté ou de l'autre, pour afficher ce qu'on lui demande. 

 

Le muscle est remplacé par cette stimulation électrique, mais après tout, le corps humain est bien parcouru, pour s'agiter, de petites doses d'électricité, pour faire simple. « Vous ne pourriez pas utiliser les mêmes matériaux ni une chimie identique, mais l'approche est la même », précise Heikenfeld. Or, à certains égards, la technologie d'entre électroniques est déjà allée bien plus loin que les capacités chromatiques des poulpes. D'abord, parce que le changement de couleur se fait plus rapidement.

 

Mais pour les scientifiques, il y a encore beaucoup à découvrir et apprendre. « Certaines de ces créatures marines peuvent froisser leur peau pour recréer la texture du corail, à l'envie », poursuit Heilkenfeld. Que dire alors d'écrans qui seraient en mesure de réaliser la même chose, pour donner un contraste ou  une matérialisation de ce genre ? De même, la flexibilité de la peau des créatures est un élément précieux : « Ce serait génial si vous pouviez rouler un iPad et le mettre dans votre poche », se prend à rêver l'ingénieur. Car, si plusieurs sociétés se penchent bel et bien sur les écrans flexibles, aucune production n'est pour l'heure en mesure d'afficher de la couleur. 

 

Des pistes, évidemment, et bien plus encore...

 

Et c'est à cette occasion que l'infographie a été créée, montrant les avantages et inconvénients des deux parties... Avec avantage net pour les poulpes.